20 avril 2007
A VOIR BIEN SUR !
Les sites génériques ou plus "spécifiques" à François Mitterrand :
Et bien plus encore...
GRANDS MOMENTS D'ELOQUENCE PARLEMENTAIRE - 1958
François Mitterrand - réponse au discours d'investiture du Général de Gaulle
Réponse au
discours d’investiture du général de Gaulle
1er
juin 1958
M. François Mitterrand. Mesdames, messieurs, sur quoi allons-nous nous prononcer
dans un instant, sur quelle déclaration, sur quel texte ?
Cependant, on
était en droit d'attendre et de connaître l'opinion du Président du Conseil
pressenti sur des événements récents dont on pourrait croire qu'ils n'ont pas
existé.
[…]
Je suis de ceux qui désiraient entendre l'opinion du
Président du Conseil désigné sur les faits qui ont fixé l'orientation de la
crise, je veux parler des événements d'Algérie. Or, pas plus aujourd’hui
qu'hier, je ne suis en mesure de me prononcer autrement qu'à la faveur
d'indications telles que celle-ci : « L'armée scandalisée de la
carence des pouvoirs publics ».
Il
faut donc examiner le contexte, contexte, favorable, contexte défavorable.
Contexte
favorable : l'homme au prestige unique, à la gloire incomparable, aux
services rendus exceptionnels. L'homme de Brazzaville, qui, plus qu’aucun
autre, signifie par sa seule présence à cette tribune une espérance pour les
peuples d'outre-mer. Oui, c'est une espérance pour beaucoup de nos frères.
Enfin
le général de Gaulle incarne l'autorité indispensable à la conduite des
affaires publiques, et cela n'est pas négligeable, même si cela nous fait
entrer déjà dans le contexte inquiétant.
Je
ne doute pas, en tout cas, que le contexte favorable amènera certains de nos
collègues à déposer dans l'urne un bulletin blanc, je ne doute pas qu'ils sont
sincères et que dans ce grand débat où se pose la question : de Gaulle
sauvera-t-il la République ou bien la perdra-t-il ? ce soit le même souci
patriotique qui commande leur réponse.
Contexte
inquiétant : la réforme de la Constitution. Les indications fournies ne
nous renseignent pas. Je n’en connais que les grandes lignes. Serai-je obligé
de recourir aux souvenirs d'un itinéraire qui commence a Bayeux ? Peu
importe.
Nous
ne nous battrons pas pour les rites, pour les mœurs, pour les travers de ce
système tant dénoncé. Quelques-uns des hommes qui entourent le général de
Gaulle dans son Gouvernement sont d'ailleurs particulièrement qualifiés pour le
défaire. Ce système, ils l'ont fait, ils l'ont géré, ils l'ont perdu. (Applaudissements
à l’extrême gauche et sur plusieurs bancs à gauche.)
A droite. Et
vous ?
M. François Mitterrand. J'ai voté, avec mes amis de groupe, qui se
partageront dans ce vote, contre la Constitution de 1946 et j'ai voté, avec les
mêmes amis, pour tous les projets réformant cette même Constitution.
Cependant,
j'ai tout lieu de croire qu'il ne s'agit pas en l'occurrence – c'est bien
clair – d'une réforme de la Constitution, même à la manière de
M. Pierre Pflimlin. Il s'agit tout bonnement, mesdames, messieurs – pourquoi le nier, le taire, ou
l'oublier ? – d'un changement de régime. (Applaudissements sur quelques
bancs à gauche.)
Le
contexte favorable, il appartient à un certain nombre d'entre vous, qui se
prononceront « pour », de l'exposer entièrement. Pour moi, je
voudrais dire ma principale objection.
La
présence du général de Gaulle signifie, même malgré lui, que désormais les
minorités violentes pourront impunément et victorieusement partir à l'assaut de
la démocratie. (Applaudissements sur les mêmes bancs.)
Lorsque,
le 10 septembre 1944, le général de Gaulle s'est présenté devant l'Assemblée
consultative issue des combats de l'extérieur ou de la Résistance, il avait
auprès de lui deux compagnons qui s'appelaient l'honneur et Ia patrie.
Ses
compagnons d'aujourd'hui, qu'il n'a sans doute pas choisis mais qui l'ont suivi
jusqu'ici, se nomment le coup de force et la sédition. (Applaudissements à
l'extrême gauche et sur plusieurs bancs à gauche).
En bref, au moment où l'Assemblée nationale va se
prononcer, au moment où - comme son message solennel l'a rappelé ici même
avant-hier - le plus illustre des Français se présente devant nous, je ne puis
oublier que le Général de Gaulle, président du Conseil pressenti, fut appelé
d'abord et avant tout par une armée indisciplinée. (Murmures à droite.)
En droit, le Général de Gaulle tiendra ce soir ses
pouvoirs de la représentation nationale ; en fait il les détient déjà du coup
de force. (Vifs applaudissements sur de nombreux bancs à gauche.)
Quelqu'un vient de dire : dans quelque temps, vous
vous rallierez.
Eh bien ! Oui, mesdames, messieurs ! Si le général de
Gaulle est le fondateur d'une nouvelle forme de démocratie...
...si le général de Gaulle est le
libérateur des peuples africains, le mainteneur de la présence de la France
partout au-delà des mers, s'il est le restaurateur de l'unité nationale, s'il
prête à la France ce q'il lui faut aussi de continuité et d'autorité, je me
rallierai, mais à une condition...
M. Pierre Charles. Un portefeuille !
M. le Président (André Le Troquer) : Ces
interruptions sont intolérables.
Je préviens ceux qui s'en rendraient coupables que je
prononcerai des rappels à l'ordre avec inscription au procès-verbal.
M. François Mitterrand. Je prie
monsieur le Président de l'Assemblée nationale de ne pas s'émouvoir.
M. le Président. Je ne suis pas ému. ! (Rires)
M. François Mitterrand. Il est
vrai, que j'ai eu plus souvent l'occasion de refuser un poste dans un
gouvernement que ce monsieur ! (Rires)
Mesdames, messieurs, puisqu'il s'agit de nous séparer
pour des mois, puisqu'une seule chose est claire dans ce qui nous a été
annoncé, c'est que nous serons sans délai en congé, puisque nous savons que
nous est réservée une séance de pure forme, imposée par la Constitution, le
premier mardi d'octobre, puisque le général de Gaulle nous invite à nous taire
et à le laisser faire, je pense que c'est maintenant qu'il faut crier à la
Nation que les hommes qui se battent pour la liberté et pour la souveraineté
populaire, même s'ils ont le cœur plein d'inquiétude, même s'ils sont
angoissés, ne se laisseront pas aller au désespoir.
Il y a encore beaucoup à faire et la France continue.
Il y a la foi et il y a la volonté et il y a, au bout du compte, la liberté
victorieuse dans la patrie réconciliée.
Cet espoir me suffit, m'encourage, m'accompagne au
moment où je vais voter contre l'investiture du général de Gaulle.(Vifs applaudissements
sur de nombreux bancs à gauche et sur tous les bancs à l'extrême gauche.)
FRANCOIS MITTERRAND
LE CAS MITTERRAND
"
François Mitterrand réunit et exalte en lui les humaines contradiction
françaises "
J. Lacouture.
Neuf ans après sa mort, François Mitterrand reviendra en
février sous les traits de Michel Bouquet dans le Promeneur du Champs-de-mars,
dernier film du réalisateur français Robert Guédiguian qui suscite déjà les
inquiétudes de la mitterrandie. L'occasion pour En Rade de revenir sur les
traces d'une jeunesse française pris dans la tourmente des années noires.
La première difficulté lorsqu'on étudie François Mitterrand
vient de l'homme même. Son itinéraire, n'a rien de banal, débutant à l'extrême
droite pour incarner finalement " l'espoir du peuple de gauche ", il
a pris part aux violents affrontements idéologiques d'avant 1939, a fait la
guerre comme sergent, a vécu les drames des prisonniers de guerre, puis s'est
retrouvé à Vichy. Il a été pétainiste, giraudiste et résistant. A 27 ans il
avait déjà rencontré le Maréchal, De Gaulle et Giraud. Pétainiste puis
résistant : son parcours fut celui de nombreux français engagés dans la guerre.
Nous reviendrons sur cet itinéraire sinueux sur les ambiguïtés et
contradictions du personnage, en allant au-delà de ses propres paroles, de ses
propres écrits et des nombreuses polémiques. Tout cela dans un souci de vérité.
L'entreprise n'est pas facile, car le souvenir de l'occupation obsède et "
sature " la conscience nationale. Combien de films, de téléfilms,
d'ouvrages consacrés chaque année à cette période de notre histoire nationale ?
Ils sont nombreux et posent les jalons d'une mémoire d'un passé proche qui fait
désormais partie de notre environnement culturel et politique. Les polémiques
succèdent aux révélations, les commémorations aux procédures judiciaires. Ces
quatre " années noires " en prenant une place démesurée dans la
mémoire nationale sont le signe d'un passé à vif, trace d'un deuil inachevé…
A travers Mitterrand, c'est la question centrale de l'attitude des français
dans leur ensemble durant la dernière guerre qui doit être posée. A celle-ci
s'est ajouté ces vingt dernières années, le désir de faire ou refaire le procès
de Vichy et celui de la collaboration. Le cas Mitterrand en offre un exemple
criant. Jamais ce passé n'a autant donné l'impression qu'il n'arrivait pas à
passer. Depuis 30 ans Vichy est un objet national de dispute. Etudier le cas
Mitterrand, c'est abordé une question essentielle dans les enjeux de mémoire
récents.
* * *
MITTERRAND
DANS LA TOURMENTE DU SYNDROME DE VICHY
Les querelles de mémoire
Les querelles de mémoire autour de Vichy ont eu ses trente dernières années de
plus en plus d'effets dans la société française. Ce passé a pesé et pèse encore
sur notre présent.
Un exemple : en 1984, 3 députés de l'opposition mettaient en cause F.
Mitterrand, ce qui leur valut la perte pour trois ans de leur indemnité pour
injure au président de la république. " François Mitterand a un passé !
" s'était exclamé François d'Aubert. Autrement dit un passé vichyssois.
L'attaque n'avait rien de nouveau : les adversaires de François Mitterand l'utilisaient
régulièrement en voici deux exemples…polémiques.
La Francisque, inépuisable objet de délices pour ses
adversaires, source d'incessantes contorsions pour ses fidèles.
La francisque de Mitterrand portait le n°2202 et lui fut certainement attribué
en mars-avril 1943 pour " récompenser les services rendus à l'Etat
français ". Cette décoration fut très longtemps un tabou dont l'évocation
était mise au compte de l'acharnement de l'extrême droite, Mitterrand n'ayant
jamais pris le risque de démentir, ni de s'expliquer de manière claire. Reste
que l'on peut s'interroger sur le sens de la polémique. La francisque n'était
pas forcément la marque la plus nette de l'engagement vichyste ni un brevet
systématique de collaboration. Elle était souvent un signe de reconnaissance
accordé à des maréchalistes fidèles. La francisque constitue un symbole au
propre comme au figuré. Elle est la marque d'un service professionnel rendu
dans le cadre d'un régime dans lequel François Mitterrand, quelles qu'aient été
ses motivations profondes, a effectivement joué un rôle. Même si elle a été
décerné a une date ou les choses changent, ou des maréchalistes, voire des
pétainistes fidèles, passent à la résistance et à la dissidence, ni plus ni
moins.
Avec " Une Jeunesse française ", ouvrage paru en
1994, Pierre Péan relancé la polémique sur le passé de François Mitterrand,
latente depuis 50 ans, récurrente depuis son accession à la présidence de la
République, plongeant le pays tout entier dans le souvenir d'une période
trouble de la mémoire nationale.
Si l'ouvrage de P. Péan constitue une réelle avancée dans la connaissance du
personnage, l'affaire éclatait à quelques mois de la fin du second septennat
qui devait mettre un terme à la carrière politique de François Mitterrand.
L'arme de l'Histoire s'offrait donc non seulement aux opposants irréductibles,
mas également aux héritiers en tout genre. Et cette arme là, était d'un
maniement plus simple et plus redoutable que celle de la discussion politique.
Le débat attendu sur le bilan de 14 années de présidence a ainsi totalement été
escamoté par les empoignades sur la présence de F. Mitterrand à Vichy et sur
ses liaisons avec René Bousquet.
Mais Pierre Péan en dissipant le brouillard qui entourait encore le parcours du
jeune Mitterrand proposait un ouvrage prisonnier d'une perspective
téléologique, biographie partielle et focalisée sur " la " période
sensible car elle constituait un enjeu politique contemporain. L'indignation
nationale suscitée par ces révélations a pris son sens véritable que parce que
nous savions par définition qu'il ne s'agissait pas d'un anonyme, mais du futur
président de la République et du 1er président de gauche de la Ve République.
C'est la raison pour laquelle le parcours relativement banal d'un jeune catholique
ambitieux, d'un fonctionnaire subalterne du régime, comme il y en a eu, est
devenue sous la plume de certains commentateurs un symptôme inquiétant de la
vie politique française.
De l'usage du souvenir comme arme polémique
La campagne de 1981 ou comment la vérité politique de l'heure a supplanté
momentanément la vérité de l'Histoire.
Une fois encore avec un extrême violence polémique le souvenir de l'occupation
va se retrouver au cœur d'un débat parfois irréel. Lors de la campagne
présidentielle de 1981, l'analyse de cette polémique offre une bonne occasion
de comprendre le mécanisme de l'invective et sa fonction particulière dans le
développement du syndrome.
D'abord elle éclate à un moment important des divisions internes. Plus que
d'autres campagnes, celle de 81 voit s'affronter 2 camps irréductibles, les 2
bords de la faille bi séculaire franco-française. Au-delà des 2 leaders, c'est
la droite et la gauche historiques qui s'opposent. Rien d'étonnant donc de voir
resurgir la vieille querelle des résistants et des collaborateurs. Choisir l'un
ou l'autre des candidats, signifiait avoir prise dans les querelles du passé.
On votera ainsi juif résistant pour se venger des collabos de gouvernement. La
polémique a permis de transcender le débat traditionnel entre droite et gauche,
comme si l'enjeu de 1981 prenait une épaisseur historique et renvoyait aux
grands débats du siècle. Cette polémique qui prend des allures de guerre
fratricides hexagonales, laisse transparaître la nature idéologique de la
seconde guerre mondiale et l'absence de consensus national sur la nature du
conflit et sur sa représentation. Lors de cette campagne s'opère un transfert
de la lutte politicienne triviale, vers les combats sublimés du passé.
La part de
vérité : Mitterrand face à lui-même :
François Mitterrand pour évoquer sa jeunesse a souvent
procédé par métaphores ou laissé œuvrer quelques plumes bienveillantes.
Peut-être estimait-il qu'il y a des vérités que la génération de la guerre - la
sienne - transmet avec difficulté aux suivantes. Peut-être comme tant d'autres
de français, petits ou grands, a-t-il pensé un temps pouvoir garder sinon le
secret du moins la discrétion pudique sur certains faits. Dans ses brèves
confidences sur cette période, François Mitterrand use parfois de la contradiction
: il déclare en 1969 : " rentré en France, je deviens résistant sans
problème déchirant ". Dans un raccourci saisissant il remodèle son passé :
un et demi a disparu, l'épisode de Vichy est mis entre parenthèse. Etait-il
donc impossible d'assumer le fait qu'il fut, à son rang modeste, l'un des
cadres de Vichy que la Résistance cherchait à débaucher ? A cette époque alors
que Mitterrand aspire aux plus hautes fonctions, les rappels historiques
n'étaient peut-être pas faciles, ni les esprits préparés. Mais comme pour
d'autres personnalités politiques qui ont eu à répondre devant de l'opinion de
leur conduite passée, le secret a probablement coûté plus cher q'une confession
précoce. Car ces années ont laissé des traces matérielles (francisque, photos,
écrits sur son pèlerinage en Thuringe). Mais le comble dans cette affaire est
que le principal intéressé a grandement contribué à semer le doute dans les
esprits.
Mitterrand a pris l'initiative d'un entretien télévisé avec
J.P. Elkabach, le 12 septembre 1994 pour s'expliquer tant sur sa maladie que
sur son passé, rompant ainsi deux réserves traditionnelles de la fonction
présidentielle. Le décalage entre les attentes d'une opinion publique désemparé
et les propos ambigus du président sur le régime de Vichy et sur les leçons
qu'il en tenait, loin de calmer les esprits, a au contraire accru le trouble
des consciences. Son intervention télévisée, loin de clarifier des choses a
paru donner raison à ceux qui ne voulaient plus se souvenir que du pétainiste de
1942-1943 pour oublier le résistant de 1943-1944 et plus encore le Président de
1994. Car Mitterand a bien été tout cela.
RETOUR SUR UN ITINERAIRE SINUEUX
Les années Vichy
François Mitterrand est né le 26 octobre 1916 à Jarnac en Charente. Il reçoit
une éducation catholique. Sa famille est fortement marquée à droite. En 1934,
il monte à Paris pour étudier à la faculté de droit et à la Fondation nationale
des sciences politiques. Séduit par les Croix-de-Feu du colonel de La Rocque,
il a été dès 1934 membres des volontaires nationaux, l'organisation de jeunesse
de cette ligue d'extrême droite devenue, après sa dissolution en 1936, le Parti
Social Français. Mobilisé en septembre 1939, le sergent Mitterand du 23e
régiment d'infanterie coloniale blessé par un éclat d'obus près de Verdun le 16
juin 1940 et fait prisonnier en Allemagne. A 25 ans il partageait ainsi le sort
de 1 650 000 prisonniers de guerre. En décembre 1941, il s'évade prés trois
tentatives manquées. L'exploit ne fut pas unique : 16 000 tentatives réussies
pour la seule année 1941. Installé à Vichy dès janvier 1942 (il y gardera un
domicile jusqu'en décembre 1943), il occupe un emploi contractuel, deux postes
relativement subalternes, d'abord à la Légion Française des Combattants puis en
mai 1942, au commissariat général aux prisonniers de guerres et rapatriés et
aux familles de prisonniers de guerre. Etablit par une loi du 14 octobre 1941
ce commissariat a été dirigé jusqu'en janvier 1943 par M. Pinot. Après son
renvoie par P. Laval en janvier 1943 le commissariat prendra une orientation
pro-nazie. Mais jusqu'à cette date le commissariat ne joue pas un rôle directement
politique et se consacre surtout à la réinsertion des prisonniers rapatriés,
créant une " maison de prisonnier " dans chaque département et près
de 2700 " centres d'entraides " à l'échelon local, essentiellement en
zone occupée. Cet organisme s'inscrit pourtant a bien des égards dans le droit
fil de la politique du régime. Son action civique et sociale était entièrement
placée sous l'égide de la Révolution Nationale. Selon l'historien C. Lewin :
" L'attitude des cadres du commissariat aux prisonniers de guerre était
dès le début anti-allemand donc anti-collaborationniste. Quant au régime de
Vichy, il lui apportèrent pour la plupart, à l'origine leur soutient. Toutefois
l'ambiguïté de ses relations avec l'occupant et son glissement constant sur la pente
de la collaboration augmentèrent leur méfiance et précipitèrent leur
éloignement. Leur action fut tout autant civique et sociale, apolitique et
attentiste ". En janvier 1943 Pinot est révoqué par Laval. F. Mitterrand,
âgé de 26 ans et chef de service de l'Information du commissariat pour la zone
sud. Il conserve cependant un poste à la tête des centres d'entraides, c'est à
ce titre qu'il reçoit la francisque gallique sans doute en mars-avril 1943,
époque ou les attributions devenues plus sélectives, récompensaient un
pétainisme bon teint.
Il ne fait pas de doute que Mitterrand ait été maréchaliste, à savoir plein de
confiance mais aussi d'admiration pour l'homme Pétain. Il déclare dans une
lettre du 13 mars 1941 : " j'ai vu le maréchal au théâtre […] il est
magnifique d'allure, son visage et celui d'une statue de marbre. " Il aura
d'ailleurs l'occasion de le rencontrer le 15 octobre 1942.
Qu'il ait été pétainiste, autrement dit que, dans un premier temps, il se soit
senti relativement à l'aise dans le nouveau régime, trouvant des vertus à la
Révolution nationale est également peu contestable. On en jugera par le ton et
e contenu d'une lettre, publiée par P. Péan et datée du 22 avril 1942. Non
seulement il avoue n'être pas particulièrement inquiet du retour aux affaires,
en avril 1942, de Laval, qui doit selon lui faire ses preuves, mais il condamne
la fonctionnarisation de la Légion française des combattants (L.F.C.), lui
préférant le modèle du Service d'ordre légionnaire (S.O.L.), que vient de
mettre en place Darnand, instrument d'un pétainisme musclé.
Autant qu'on puisse le suivre, F. Mitterrand paraît osciller entre des hommes
de la droite extrême et des pétainistes moins aventureux. Parmi les premiers,
installés dans les allée du pouvoir, citons G. Jeantet, membre de la Cagoule
(organisation secrète d'extrême-droite), chargé de mission au cabinet civil de
Pétain, l'un de ses deux parrains lorsqu'il reçut la francisque. Dans le
deuxième groupe exercent sur lui leur influence F. Valentin, le second directeur
de la L.F.C., M. Pinot déjà cité et Antoine Mauduit, sorte de moine-soldat.
Mais Mitterrand fut - comme le plus grand nombre - adversaire du
collaborationnisme, cette accommodation pleine et entière avec l'occupant
nazie. Notons aussi qu'il demeura imperméable à tout ethnocentrisme et donc à
l'antisémitisme d'Etat, même si la politique à l'encontre des Juifs ne paraît
pas l'avoir préoccupé à l'époque… Voilà ce qu'on peut dire sur ces années
Vichy.
Mitterrand résistant
Résistant F. Mitterrand l'a été incontestablement, à partir de l'été 1943. Il
est alors devenu responsable d'un mouvement de prisonniers résistants. Son
parcours relativement original, témoigne d'un désir d'autonomie comme du souci
d'être reconnu par des instances de la résistance intérieure et par Charles de
Gaulle.
En mars 1943, le tout nouveau RNPG ou groupe " Pinot-Mitterand "
obtient le soutien et le financement de l'O.R.A. qui regroupe des militaires,
jusque là fidèles à Vichy, passés à la résistance après novembre 1942
(dissidence giraudiste). A u printemps 1943, E. Claudius-Petit, numéro 2 du
mouvement Franc Tireur et l'un des responsables des Mouvements unis de
résistance (M.U.R.), rencontre à Lyon F. Mitterrand : le R.N.P.G. cherche à
s'insérer dans l'organisation unifiée de la Résistance intérieure. Quelques
semaines plus tard il obtiendra plus de succès auprès d'un autre responsable
des M.U.R., Emmanuel d'Astier de la Vigerie dirigeant du mouvement libération
sud. E réalité la clef du problème se trouve à Alger, au CFLN créée en juin
1943. L'accueil fut difficile : " Un mouvement de résistance des
prisonniers de guerre ? Et pourquoi pas celui des coiffeurs !? " avait
lancé le général de Gaulle lors de sa rencontre avec Mitterrand. En réalité les
mouvements de résistance voulaient la fusion entre les différentes
organisations d'anciens prisonniers, dans la logique de l'unification générale
en cours.
Le 15 novembre 1943 F. Mitterrand s'envole pour Londres grâce à l'aide de
l'ORA. Le 2 décembre il est à Alger. Sa rencontre avec de Gaulle se passe mal.
Le général demande à ce que les organisations de prisonniers fusionnent sous
l'égide de M.R.P.G.D., seule condition pour recevoir matériel et argent. Mais
F. Mitterrand refuse la tutelle du mouvement de Michel Cailliau. Les services
d'Alger ne facilitent pas son retour en France. Pourtant très vite les talents
de négociateur et d'homme d'appareil de Mitterand s'expriment. Il s'emploie
fort de ce qu'il a compris à Alger et à Londres, à jouer un rôle prépondérant
dans la fusion exigée par Alger. L'opération n'est pas simple elle consiste à
unifier un mouvement gaulliste, une branche du Front national communiste et une
organisation pétainiste et giraudiste dont le rôle va être décisif. Le 12 mars
1944, sous l'égide du CNR les responsables des 3 mouvements se rencontrent
clandestinement à Paris et fondent le MNPGD : Mitterrand est l'un des 4 membres
du comité directeur national.
Ne regroupant que des prisonniers, il n'était en rien comparable aux grands
mouvements, Combat, Libération-Sud etc.. Reste qu'il figurait dans
l'organigramme de la France combattante. Ses activités valurent à Mitterand
comme à ses proches d'être traqués par l'occupant et la milice devenue la
police politique de Vichy. Rattaché au F.F.I. leurs groupes d'actions mis sur pied
par Patrice Pelat et Jean Meunier participent à la Libération de Paris.
François Mitterrand fut l'un des quinze secrétaires généraux des départements
ministériels faisant fonction de gouvernement par intérim
Génération Mitterrand
L'ancien Président est l'exemple type du maréchalo-pétainiste devenu résistant.
Son parcours fut celui de certains Français engagés. La principale difficulté
réside dans l'évaluation chronologique du passage de l'un à l'autre.
Le premier décrochage est vraisemblablement sa démission du Commissariat au
reclassement des prisonniers à la suite de la révocation en février 43 par P.
Laval de M. Pinot. Dans le même temps tout en demeurant de sensibilité
maréchaliste il rencontre H. Freynay (Combat) et des officiers de l'O.R.A..
Mais c'est certainement quand il fut convaincu au début de l'été 43,
l'évolution de l'Algérie aidant (installation de bases du futur gouvernement
provisoire) que la Résistance devenait politiquement crédible, qu'il rejoignit
ses rangs sans plus jouer sur les deux tableaux.
Le cas du jeune Mitterrand, c'est celui d'une trajectoire fréquente pour
l'époque, dont l'épopée officielle de la Résistance a disqualifié le récit, le
réduisant à l'état de secret encombrant. Des milliers de Français n'ont pas
trouvé leur place dans cette mise en scène qui a longtemps opposé une France
résistante, supposée majoritaire, à une France pétainiste supposée minoritaire.
Ils ont vécu une autre histoire où l'on pouvait être un partisan convaincu de
la Révolution nationale avant de devenir résistant, ou l'on restait parfois
maréchaliste après être entré en résistance autant de situations fréquentes
avec les itinéraires de la minorité de dissidents et de résistants de première
heure. Pour l'historien américain Robert Paxton, l'histoire personnelle de
Mitterand est significative : " l'histoire personnelle de F. Mitterand
pendant la guerre fait de lui un Français plutôt typique, plutôt représentatif.
Beaucoup de Français ont sincèrement cru, au début, que Pétain allait pouvoir
faire mieux, beaucoup ont cru pouvoir occuper des fonctions techniques à Vichy
pendant un an ou deux. Mais la Révolution nationale et l'engrenage de la
Collaboration rendaient la situation impossible et nombre d'entre eux ont pris
leurs distances ou ont changé de camp. C'est d'ailleurs la tragédie de Vichy
d'avoir recruté de bonnes volontés qui ont mis du temps à s'apercevoir qu'au
lieu de créer leur union sacrée, comme en 14, le régime a commencé par des
exclusions. C'est un point essentiel. "
Les ambivalences et les ambiguïtés, les itinéraires en clair-obscur n'ont pus
supporter, une fois la paix revenue, la lumière irradiante du gaullisme. Bien
sûr des hommes et des femmes qui passèrent du pétainisme exalté au maréchalisme
inquiet, du légalisme à la dissidence, de Vichy à la Résistance, durent alors
se replier sur leurs souvenirs, faire de ces années une affaire intime, devenue
inavouable avec le temps.
* * *
Certains hagiographes de l'ancien président ont tenté de
travestir les faits. On a reproché à F. Mitterrand lui-même de "
fonctionner au trou de mémoire et de manifester une " incapacité à revenir
sur soi ". Mais n'est-ce pas en définitive lui faire porter seul le défaut
de toute une génération ? Car cette histoire c'est d'abord celle de tout un courant
de la résistance, voire d'une partie des Français. Certains ont continué à
chercher le cadavre qui se cacher dans quelques malles secrètes de l'Elysée.
Mais cela nous expliquera-t-il les ambivalences d'un homme qui appartient
autant à son passé qu'à notre Temps ? Serons-nous mieux éclairés sur la
génération Mitterrand qui a traversé la guerre et porte encore la trace des
ambiguïtés de l'époque ? Le cas Mitterrand et l'idée qu'il s'est faite de la
gestion des séquelles renvoient à une évidence : l'ex-président est un homme de
sa génération, qui est celle de la défaite, de l'occupation, de Vichy mais
aussi celle de la Résistance, de la Libération mais encore celle de
l'épuration, des dilemmes de l'après-guerre et de la Reconstruction. Cette
évidence, pour la comprendre, il est nécessaire d'embrasser d'un seul regard
toute la période de la crise. Les clivages de l'occupation passèrent à
l'intérieur d'une même conscience tandis que l'individu, lui, tentait de
traverser l'épreuve en restant aussi intact que possible. Ces clivages d'il y a
un demi-siècle expliquent sans doute même s'ils ne les justifient pas les
positions de l'ancien président sur ces questions si sensibles.
L'histoire est une relecture et une réécriture constante du passé et rien ni
personne n'interdisent de s'interroger de manière récurrente sur cette période,
sur sa signification profonde, sur ses prolongements éventuels. A condition de
ne pas perdre de vue le respect de la vérité, à condition de ne pas utiliser le
souvenir comme un alibi politique et une arme polémique.
La première obligation du devoir de mémoire est le respect de la vérité en tout
cas d'une certaine humilité face à la tragédie et à la complexité de ces années
terribles. La seconde est de ne pas exiger des générations passées la lucidité
et le courage dont on peut faire preuve après coup en temps de paix, alors que
la France n'a rien connu de comparable au cataclysme de la seconde guerre
mondiale depuis 1945. La polémique sur le passé de F. Mitterrand constitue une
des manifestations les plus aiguës du " syndrome de Vichy ". Non
seulement ce passé ne passait pas, mais il remontait brusquement, tel un
malaise parvenu à son paroxysme. Tandis que la clameur s'amplifiait, l'affaire
Mitterrand apparaissait comme le sommet d'un processus dans lequel se mêlaient
toutes les attentes insatisfaites, les ambiguïtés entretenues ou les illusions
tenaces sur une possible résorption volontariste du traumatisme engendré par
les souvenir douloureux de l'an 40.
Bibliographie
Ouvrages généraux
Lacouture J., François Mitterrand une histoire de français, Le Seuil,
Paris, 1998.
Péan P., Une jeunesse française. François Mitterrand 1934-1947, Fayard,
Paris, 1994.
Ouvrages spécialisés
Lewin C., Le retour des prisonniers de guerre français, Paris, P. U.
Sorbonne, 1986.
Rousso H., Le syndrome de Vichy, de 1944 à nos jours, Le Seuil, coll.
points histoire, Paris, 1987, 1990.
Conan E., Rousso H., Vichy, un passé qui ne passe pas, Gallimard, coll.
Folio histoire, Paris, 1996.
Revues
L'histoire N°spécial, " Le dossier Mitterrand ", N°253, Avril 2001.
" Entretien de Robert Paxton par Eric Conan ", L'Express, 16 juillet
1992.
Témoignages
Mitterrand F., Ma part de vérité, Fayard, Paris, 1969.
MACHINES A FRAUDER
A mesure qu'approche le premier tour de l'élection
présidentielle, la méfiance grandit. Rejoignant la majorité des formations
politiques de gauche, le Parti socialiste (PS) vient de demander un moratoire
sur l'utilisation de machines à voter électroniques pour les prochaines
élections – présidentielle et législatives. François Bayrou avait déclaré,
début mars dans le magazine Politis, qu'il fallait "suspendre
toute utilisation" de ces appareils, qui équipent une cinquantaine de
communes françaises. Des grands partis, seul l'UMP n'a pas manifesté
d'hostilité vis-à-vis du vote électronique.
Sur Internet, le sujet déchaîne
les passions. Une pétition, lancée voilà quelques semaines par les
informaticiens Pierre Müller et Chantal Enguehard (université de Nantes) sur le
site ordinateurs-de-vote.org, vient de franchir le cap des 56 000 signataires.
Le blog betapolitique.fr propose, lui, un formulaire pour faire "annuler
les machines à voter en dix minutes via une class action [action collective] en
référé".
En dépit de cette défiance quasi
générale, un à deux millions de Français devraient voter, les 22 avril et 6
mai, grâce à ces terminaux. Trois modèles sont agréés en France, conçus et
fabriqués par le néerlandais Nedap, l'américain ES&S et l'espagnol Indra Sistemas.
Les machines à voter, plaident
leurs constructeurs, permettent un dépouillement immédiat, sans besoin de
scrutateurs, sans gâchis de papier et sont accessibles aux personnes
malvoyantes. Certes, disent les détracteurs, mais le vote électronique ne peut
pas être soumis à un contrôle des citoyens.
"Le système de vote actuel a été conçu pour que quiconque, même le plus ignorant, puisse se forger l'intime conviction que le vote s'est déroulé honnêtement, dit Roberto Di Cosmo, chercheur au laboratoire Preuves, programmes et systèmes (CNRS, université Paris-VII). Lorsque le vote se fait par voie électronique, est-il possible de se forger, seul, la même conviction ? La réponse est non : il faut recourir à l'expert, à l'argument d'autorité." De fait, la composition exacte (le code-source) des programmes informatiques installés sur ces machines n'est pas rendue publique. Elle est contrôlée par des organismes indépendants comme Bureau Veritas, mais pas par les citoyens.
Si le logiciel de vote est altéré
ou remplacé par un programme frauduleux – qui avantage un des candidats par
exemple – comment le savoir ? L'Association for Computing Machinery (ACM), la
principale association mondiale d'informaticiens, basée aux Etats-Unis, ne voit
qu'une seule solution : tout dispositif de vote électronique devrait être
doublé d'un système d'impression d'un bulletin papier que l'électeur pourrait
contrôler visuellement. Un recomptage de ces bulletins pourrait ainsi valider
le vote électronique. Mais, en France, le règlement technique, émis en novembre
2003 par le ministère de l'Intérieur, n'oblige pas les fabricants à équiper
leurs machines de ce système de doublon imprimé.
Le risque est-il réel ? "Sans
que des fraudes avérées aient été mises au jour, plusieurs cas de défaillances
de systèmes de vote électronique ont été relevés ces dernières années, surtout
aux Etats-Unis, mais aussi en Europe", affirme-t-on au PS. De
multiples incidents de fonctionnement auraient ainsi été répertoriés, selon le
parti de Ségolène Royal. "Le plus notable : à Sarasota en 2006
(Floride), environ 18 000 voix semblent n'avoir pas été enregistrées dans une
élection pour la Chambre des représentants se jouant à 369 voix."
A l'automne 2006, des informaticiens néerlandais ont désossé une machine de marque Nedap et sont parvenus à en changer le logiciel. Des chercheurs américains de l'université du Connecticut ont de leur côté réussi à détourner le logiciel d'une machine de marque Diebold (non commercialisée en France). Ils ont en outre réussi à faire en sorte que le caractère frauduleux du programme installé ne soit pas détectable avant une date donnée, rendant indétectable la manœuvre par des tests préélectoraux.
Un exemple fameux de dysfonctionnement est celui de Schaerbeek (Belgique), en mai 2003. Le décompte des voix exprimées avait alors excédé de près de 4 000 le nombre d'inscrits dans la circonscription ! Les experts chargés d'élucider l'énigme n'ont rien décelé d'anormal dans le fonctionnement de la machine incriminée. Ils ont conclu à "l'inversion spontanée et aléatoire d'une position binaire" dans les circuits de l'ordinateur fautif. Pour faire simple : un "bit" qui devait normalement être de valeur 0 a pris la valeur 1. Un faux calcul électoral en quelque sorte…
Stéphane Foucart
MACHINES A VOTER
Nicolas Barcet et Bastien Gentil
mercredi 18 avril 2007
Mise à jour du 17/04/07 :
face à un plaignant contestant l’utilisation de machines à voter
dans sa commune, le TA a non seulement refusé sa plainte, mais il l’a également
condamné à payer 800 euros d’amende : voir la brève
En conséquence, nous laissons ici les informations qui vous
permettraient d’écrire votre propre recours, mais nous retirons le formulaire
qui permet d’agir en class action. Les actions ne nécessitent ni avocat, ni
procédures compliquées, mais notre intention n’est pas de faire condamner les
gens à devoir payer des amendes.
Les formulaires restent disponibles sur simple demande de
votre part.
En revanche, nous nous préparons à continuer nos actions par la voie. La pression imposée par la vague de plaintes qui s’est enclenchée dans toute la France a permis la mise à jour du défaut d’agrément de plusieurs machines. Un nouvel agrément a donc du être publié en catastrophe le 12 avril. Il devient donc possible de l’attaquer devant le CE par la voie du recours pour excès de pouvoir.
________________________________________________________________________________________________________
Il est encore possible d’agir pour empêcher l’utilisation de
machines à voter au cours de l’élection du Président de la République.
De nouveaux éléments permettent désormais de penser que les
machines installées en 2007 ne correspondent pas aux modèles agréés en 2005.
Leur installation est donc contraire au Code électoral, exactement comme si un
Maire décidait de recueillir les votes dans une cruche en terre plutôt que dans
une urne transparente.
Nous avions déjà proposé un formulaire de class-action
destiné à faciliter le dépot de plainte auprès du Tribunal administratif. Voici
une version 2.0 de cette class-action. Elle comprend désormais ce nouveau
fondement incroyable : les machines à voter utilisées dans les bureaux de vote
en 2007 ne sont pas du même modèle que les machines qui ont été agrées en 2005
par le ministère de l’intérieur.
La preuve découle des reçus imprimés par les machines de
test utilisées pour les démonstrations.
D’une part le logiciel qu’elles utilisent a été créé le 11
janvier 2007 à 11h30. Il ne peut donc avoir été agréé en novembre 2005. Les
machines sont donc mises en activité alors qu’elles n’ont jamais été agréées,
bien que ce soit une obligation essentielle imposée par l’article L-57-1 du
Code électoral.
D’autre part, les reçus ne s’impriment pas de la même façon
entre deux machines de la même marque utilisées au même endroit et au même
moment. Les machines vendues correspondent donc à plusieurs modèles différents
et non pas au seul modèle agréé par le ministère.
pv d’ouverture 1
sur ce pv d’ouverture, la date de création du logiciel est
le 12 janvier 2007 et les caractères accentués ne passent pas
pv d’ouverture 2
sur ce second pv d’ouverture, la date du logiciel est la
même, mais les caractères accentués passent : le logiciel faisant fonctionner
les 2 machines n’est pas le même
!!!!!!!!!!
Villiers s'en prend aux sondeurs
Le candidat souverainiste a dénoncé hier à Avignon un « système pourri
».
PHILIPPE DE VILLIERS a invité hier soir à un « vote de
conviction », au premier tour, en faveur du « redressement patriotique ». Au
Parc des expositions d'Avignon (Vaucluse), devant 500 personnes, le candidat
souverainiste a insisté : « Voter utile, c'est voter au premier tour pour le
meilleur possible, c'est le vote du coeur. Le vote du second tour, c'est le
vote du moindre mal, le vote de raison. » « Reprenez le pouvoir, reprenez le
contrôle des urnes », a lancé le président du Mouvement pour la France (MPF) à
l'adresse de « tous ceux qui hésitent, ceux qui croyaient avoir fixé leur choix
et sont en train de revenir dessus ». Fustigeant les instituts de sondages et
les médias qui « ont déjà voté pour vous », le candidat du MPF, crédité de 1 %
à 2 % des intentions de vote, a vivement critiqué, « les grands partis, les
partis riches » qui, selon lui, « ont acheté, avec l'argent des Français, des
sondages, avec des redressements favorables ». « Je trouve cela scandaleux,
odieux. C'est un système pourri ! », a dénoncé le président du MPF. Villiers a
solennellement demandé « à la Commission des comptes de campagne et au Conseil
constitutionnel de réclamer aux candidats les pièces comptables des sondages
qu'ils ont financés ».
« Mon prompteur : la France »
Hier soir, Villiers a surtout pris pour cible Nicolas
Sarkozy. « Tous ceux qui ont trahi la droite, Giscard, Simone Veil, Chirac,
sont réunis derrière Sarkozy ! », a-t-il affirmé. Villiers a ajouté que « si
Giscard a choisi de soutenir Sarkozy, c'est parce qu'il sait qu'il complétera
son grand oeuvre », c'est-à-dire la Constitution européenne, rejetée par les
Français.
Parcourant dans l'après-midi les rues d'Orange, en compagnie
du maire Jacques Bompard (ex-FN), devenu villiériste, et de Jérôme Rivière,
député UMP des Alpes-Maritimes, qui préside son comité de soutien, le candidat
souverainiste a réaffirmé qu'il y aurait « des surprises » au premier tour,
dimanche.
« D'un côté, il y a des Français qui souffrent, car la
France est en train de mourir. De l'autre, il y a une campagne dérisoire de
jeux de mots, de positionnements marketing » a-t-il estimé. « Je suis le
porte-parole de la colère des Français. Je leur dis : »Exprimez votre colère,
votre malaise, votre indignation», a-t-il insisté. Avant de lancer : « Mon
prompteur, c'est la France. »
MATIGNON, déjà ?
Au PS, les candidats à Matignon y
pensent sans rien dire
Jean-Marc
Ayrault, Michel Sapin, Jean-Louis Bianco ou Dominique Strauss-Kahn sont cités
comme possibles premiers ministres.
TABOU ou presque, le sujet, officiellement, n'est pas abordé
par l'équipe de Ségolène Royal. La candidate du PS à la présidentielle a
prévenu de longue date qu'elle « ne négocie pas » les postes.
Les ambitieux savent à quoi s'en tenir. Mais évidemment, tout le monde y
réfléchit quand même : qui pourrait être premier ministre si la socialiste
accède à l'Élysée ? Des noms circulent. Ou sont mis en circulation pour
envoyer des messages à l'électorat.
Aucune confidence ne trahit les intentions de Ségolène
Royal, qui dit ne pas vouloir « anticiper ». Quel serait le
profil de l'éventuel premier ministre, outre une nécessaire expérience ?
« Quelqu'un qui ait du caractère », estime un proche, pour être
en mesure de tenir tête à Ségolène Royal en cas de besoin. Quelqu'un qui
incarne « le renouvellement » prôné par la candidate, dit un
autre.
« Nous sommes plusieurs sur qui la foudre peut
tomber », plaisante l'un des concernés. Mais le choix d'un premier
ministre, « c'est une décision qui se prend au vu des résultats »,
nuance-t-il. Y penser, mais ne pas trop en dire.
« Quelqu'un de son équipe »
L'un des premiers noms à avoir circulé, dès l'automne, c'est
celui du député et maire de Nantes Jean-Marc Ayrault. Il n'a pas d'expérience
ministérielle mais, président du groupe PS à l'Assemblée depuis 1997, il
connaît bien les députés. Maire d'une grande ville depuis 1989, il correspond
au profil « proximité ». Mais « on ne peut pas dire qu'il se
soit révélé durant la campagne », tempère un membre de l'équipe de
Royal, déçu.
Durant la campagne de désignation interne, l'idée d'un
ticket Royal-Strauss-Kahn avait aussi émergé, mais avait été aussitôt démentie.
Les relations entre les deux anciens candidats à la candidature sont
exécrables. Mais compte tenu de sa compétence en économie, de son poids au PS
et d'un éventuel signe à adresser aux électeurs du centre, DSK pourrait revenir
dans le jeu. « Elle ne le choisira pas », affirme un proche de
l'ancien ministre. « Elle voudra imposer quelqu'un de son
équipe. »
Jean-Louis Bianco pourrait-il être celui-là ?
Codirecteur de campagne, il travaille avec Ségolène Royal depuis plusieurs
mois. Il la connaît depuis l'Élysée, où il était secrétaire général quand elle
y était conseillère. Mais, aujourd'hui, son nom est de moins en moins avancé.
De plus en plus cité, le président de la Région Centre,
Michel Sapin, semble bien placé. Sans être un « éléphant », il
possède une expérience de l'État puisqu'il a été plusieurs fois ministre :
de la Justice (1991-1992), de l'Économie (1992-1993) et de la Fonction publique
(2000-2002). Il détient un autre atout : la confiance de Ségolène Royal,
qu'il a rencontrée sur les bancs de l'ENA.
Conseiller de Royal, Julien Dray citait enfin récemment deux autres profils radicalement opposés. Le social-libéral Pascal Lamy, actuel directeur de l'OMC (qui a déjà décliné), et le souverainiste de gauche Jean-Pierre Chevènement. L'un et l'autre pour des cas de figures exceptionnels.
À Toulouse, Royal conclut sa campagne avec Zapatero
La candidate
était hier en meeting aux côtés du chef du gouvernement espagnol, en présence
de Danielle Mitterrand.
IMPATIENTS, les militants socialistes et partisans de
Ségolène Royal sont près de 20 000 serrés dans le Parc des
expositions de Toulouse. La candidate socialiste y tient son dernier meeting
avant le vote dimanche. L'ancien premier ministre Laurent Fabius est présent,
comme Danielle Mitterrand, la veuve de l'ancien président. Le numéro un du PS,
François Hollande, chauffe la salle et met en garde : « Pas de
dispersion comme il y a cinq ans, pas d'abstention, pas d'indifférenciation
entre la droite et la gauche. Ceux qui n'avaient pas été prévenus (en 2002)
connaissent maintenant la différence. » Mais il n'a pas le temps de
finir, car l'invité de marque, le président du gouvernement espagnol José Luis
Zapatero, arrive avec la candidate.
Dans sa langue maternelle, celui qui incarne depuis son
élection en 2004 le symbole de la gauche victorieuse en Europe est venu
apporter son soutien à Royal. « Chaque fois qu'une maîtresse d'école
colle une affiche avec le visage de Ségolène Royal, la France s'illumine »,
s'enthousiasme-t-il. « Ségolène c'est le changement, Ségolène c'est
l'avenir. (...)Je serai toujours à vos côtés. » Le modèle espagnol
inspire la candidate. En retour, elle cite la lutte contre le « machisme »,
contre les violences faites aux femmes, le mariage homosexuel, la
décentralisation...
« Mon projet c'est vous »
Mais à trois jours du vote, son message est d'abord celui du
vote utile. « Soyez très nombreux dimanche pour dire quelles
valeurs et quel visage vous voulez donner à la France. » Mêlant Aragon
et Mitterrand, elle poursuit : « Un seul désir suffit pour
peupler tout un monde. La victoire, comme disait François Mitterrand, vous ne
la rencontrerez que si vous la forcez, la chance, c'est vous qui la forcerez.
Alors forçons cette chance de nos mains. » « Venez voter
massivement Françaises, Français, mes chers compatriotes, demande-t-elle aussi,
utilisant une formulation digne d'un chef d'État. La démocratie, la
république a besoin de vous. Elle est aujourd'hui menacée par une fracture
républicaine. »
Elle attaque Nicolas Sarkozy - « son projet
c'est lui, mon projet c'est vous » - et elle dénonce ses « propos
irresponsables » sur la responsabilité de l'Allemagne dans le
génocide. « Une insulte au bon sens et à l'amitié franco
allemande. » Elle s'en prend aussi à l'ancien dirigeant d'EADS Noël
Forgeard et son parachute doré. À son invitation, la foule scande :
« Remboursez ! »
Avant son meeting, elle s'était entretenue avec l'intersyndicale d'Airbus qu'elle avait déjà rencontré le 2 mars. Arrivée avec une heure de retard, la discussion avec la dizaine de syndicalistes s'est résumée à une déclaration, immortalisée par la cinquantaine de journalistes présents. La candidate du PS s'est engagée, si elle est élue, à « suspendre le plan Power 8 » qui menace l'entreprise « pour remettre les partenaires autour de la table » et « redéfinir le rôle de l'État actionnaire ».
LE PLAN POWER 8 :
Le 02 Avril, huit Comités Régionaux CGT* et la Fédération de la métallurgie, se sont réunis à Montreuil, à l'initiative de la Confédération afin d'amplifier les actions pour le retrait du plan Power 8 et développer la filière aéronautique.L'annonce brutale par EADS, du plan POWER 8 dans Airbus entraînant 10 000 suppressions d'emplois en Europe, avec mise en vente de certains établissements de production et externalisation d'activités provoque inquiétude et colère parmi les salariés du Groupe, ainsi que dans les entreprises sous traitantes, comme parmi les populations des Régions et bassins d'emploi touchés par cette vaste restructuration.
CITATIONS
Allez, pour vous mettre en bouche !
Des citations...
BANLIEUES
"Dans les banlieues
déshéritées, règne une terreur molle. Quand trop de jeunes ne voient poindre
que le chômage ou des petits stages au terme d'études incertaines, ils
finissent par se révolter. Pour l'heure, l'État s'efforce de maintenir l'ordre
et le traitement social du chômage évite le pire. Mais jusqu'à quand ? Aucun
désordre n'est à exclure quand les rapports sociaux se tendent.
Ne laissons pas notre pays éclater en classes et en
castes, avec des dignitaires arrogants, des parias désespérés et un peuple
déresponsabilisé."
Jacques Chirac, en janvier 1995,
dans 'La France pour tous'
AVENIR
"La vraie générosité envers l'avenir consiste à tout
donner au présent."
Albert Camus
"La meilleure façon de prédire l'avenir, c'est de
l'inventer."
Joël de Rosnay
DEMOCRATIE
"Le citoyen est un piéton de la République."
Jean-Pierre Raffarin
"La démocratie, c’est comme
l’amour, plus il y en a plus ça grandit."
Ségolène Royal
"La démocratie, c’est
l’égalité des droits, mais la République, c’est l’égalité des chances."
Jacques Chirac
"La démocratie libérale
remplace le désir irrationnel d’être reconnu comme plus grand que d’autres par
le désir rationnel d’être reconnu comme leur égal. Un monde constitué de
démocraties libérales devrait donc connaître beaucoup moins d’occasions de
guerres puisque toutes les nations y reconnaîtraient réciproquement leur
légitimité mutuelle."
Francis Fukuyama (1952), La Fin de
l’Histoire et le Dernier Homme
"La démocratie n’est pas
simplement la loi de la majorité, c’est la loi de la majorité respectant comme
il convient le droit des minorités."
Clement Richard Attlee
"La démocratie devrait assurer
au plus faible les mêmes opportunités qu'au plus fort."
Gandhi
"La démocratie, c'est quand on
sonne chez vous à six heures du matin... et que c'est le laitier !"
Henri Jeanson
ECOLE
"Après le pain, l’éducation
est le premier besoin d’un peuple."
Georges Jacques Danton
"Celui qui ouvre une école
ferme une prison."
Victor Hugo
FRANCE
"Si l’on ne donne pas une patrie aux jeunes immigrés
nés en France, ils se créeront dans leur tête une patrie imaginaire.
L’intégrisme et le fanatisme feront le reste : au bout de l’exclusion, on
trouve souvent la délinquance et parfois le terrorisme."
Michel Rocard "Discours,
entretiens et autres sources"
"La France va mieux, oui. Non, pas mieux que l’année
dernière mais mieux que l’année prochaine !"
Coluche
HUMANITE
"Ce qui reste vrai à travers toutes nos misères,
à travers toutes les injustices commises ou subies,
- c’est qu’il faut faire un large crédit à la nature humaine,
- c’est qu’on se condamne soi même à ne pas comprendre l’Humanité,
si l’on n’a pas le sens de sa grandeur et le pressentiment de ses destinées
incomparables."
Jean Jaurés
"La sagesse d'un petit nombre
peut éclairer l'humanité ; mais les intérêts d'un petit nombre ne peuvent la
servir."
James Harrington
POLITIQUE
"Tout le monde peut faire des
erreurs et les imputer à autrui : c’est faire de la politique."
Georges Clemenceau (1841-1929), L’Homme libre
"Les Français ils font de la
politique quand il y a des élections, une moitié est de droite l’autre moitié
est de gauche, mais en dehors des élections, les Français ils sont ni de droite
ni de gauche, ils sont français et ils s’en foutent de la politique !"
Coluche
"En politique comme dans la
vie, il en va souvent ainsi : quand on n'a pas ce que l'on aime, il faut aimer
ce que l'on a."
Jacques Chirac
"La politique, c’est trouver
une voie de passage là où il n’y en a pas."
Nicolas Sarkozy
"La politique, ce n'est pas un
sport, ce n'est pas une équipe contre une autre : on est tous l'équipe de
France."
Jean-Pierre Raffarin
"La politique, c'est l'art de
promettre, de ne pas tenir et de réussir quand même".
Alphonse Allais
"La politique est plus
dangereuse que la guerre... A la guerre, vous ne pouvez être tué qu'une seule
fois. En politique, plusieurs fois."
Winston Churchill
"En politique, si vous voulez
des discours, demandez à un homme. Si vous voulez des actes, demandez à une
femme."
Margaret Thatcher
"Le plus dur pour les hommes
politiques, c'est d'avoir la mémoire qu'il faut pour se souvenir de ce qu'il ne
faut pas dire."
Coluche
"Je crois que l’opinion
politique d’un homme, c’est l’homme tout entier. Dites-moi votre coeur et votre
tête, et je vous dirai vos opinions politiques."
George Sand 1804-1876), Indiana
SONDAGES
"Les sondages c’est pour que
les gens sachent ce qu’ils pensent."
Coluche
NOUVEAU CONSEILLER MUNICIPAL
Pierre LAIGLE, directeur adjoint chargé de la SEGPA au collège Bon Voyage, va donc succéder à jean-François Knecht au conseil municipal de Nice. Ami fidèle de Patrick Mottard, il est tout naturel donc qu'il l'accompagne dans cette lourde tâche.
Agé de 56 ans, Pierre LAIGLE est marié, père de deux "grands" enfants et d'un jeune enfant adorable !
Il est actuellement Directeur Adjoint chargé de la SEGPA, au collège Louis Nucéra, classé en ZUS (Zone Urbaine Sensible) et gère environ 80 élèves en difficulté scolaire.
Ce sera donc avec un emploi du temps chargé qu'il devra désormais s'atteler aux différentes missions du Conseil Municipal mais on peut dire que Jacques Peyrat aura trouvé un nouvel adversaire de taille !