20 avril 2007
À Toulouse, Royal conclut sa campagne avec Zapatero
La candidate
était hier en meeting aux côtés du chef du gouvernement espagnol, en présence
de Danielle Mitterrand.
IMPATIENTS, les militants socialistes et partisans de
Ségolène Royal sont près de 20 000 serrés dans le Parc des
expositions de Toulouse. La candidate socialiste y tient son dernier meeting
avant le vote dimanche. L'ancien premier ministre Laurent Fabius est présent,
comme Danielle Mitterrand, la veuve de l'ancien président. Le numéro un du PS,
François Hollande, chauffe la salle et met en garde : « Pas de
dispersion comme il y a cinq ans, pas d'abstention, pas d'indifférenciation
entre la droite et la gauche. Ceux qui n'avaient pas été prévenus (en 2002)
connaissent maintenant la différence. » Mais il n'a pas le temps de
finir, car l'invité de marque, le président du gouvernement espagnol José Luis
Zapatero, arrive avec la candidate.
Dans sa langue maternelle, celui qui incarne depuis son
élection en 2004 le symbole de la gauche victorieuse en Europe est venu
apporter son soutien à Royal. « Chaque fois qu'une maîtresse d'école
colle une affiche avec le visage de Ségolène Royal, la France s'illumine »,
s'enthousiasme-t-il. « Ségolène c'est le changement, Ségolène c'est
l'avenir. (...)Je serai toujours à vos côtés. » Le modèle espagnol
inspire la candidate. En retour, elle cite la lutte contre le « machisme »,
contre les violences faites aux femmes, le mariage homosexuel, la
décentralisation...
« Mon projet c'est vous »
Mais à trois jours du vote, son message est d'abord celui du
vote utile. « Soyez très nombreux dimanche pour dire quelles
valeurs et quel visage vous voulez donner à la France. » Mêlant Aragon
et Mitterrand, elle poursuit : « Un seul désir suffit pour
peupler tout un monde. La victoire, comme disait François Mitterrand, vous ne
la rencontrerez que si vous la forcez, la chance, c'est vous qui la forcerez.
Alors forçons cette chance de nos mains. » « Venez voter
massivement Françaises, Français, mes chers compatriotes, demande-t-elle aussi,
utilisant une formulation digne d'un chef d'État. La démocratie, la
république a besoin de vous. Elle est aujourd'hui menacée par une fracture
républicaine. »
Elle attaque Nicolas Sarkozy - « son projet
c'est lui, mon projet c'est vous » - et elle dénonce ses « propos
irresponsables » sur la responsabilité de l'Allemagne dans le
génocide. « Une insulte au bon sens et à l'amitié franco
allemande. » Elle s'en prend aussi à l'ancien dirigeant d'EADS Noël
Forgeard et son parachute doré. À son invitation, la foule scande :
« Remboursez ! »
Avant son meeting, elle s'était entretenue avec l'intersyndicale d'Airbus qu'elle avait déjà rencontré le 2 mars. Arrivée avec une heure de retard, la discussion avec la dizaine de syndicalistes s'est résumée à une déclaration, immortalisée par la cinquantaine de journalistes présents. La candidate du PS s'est engagée, si elle est élue, à « suspendre le plan Power 8 » qui menace l'entreprise « pour remettre les partenaires autour de la table » et « redéfinir le rôle de l'État actionnaire ».
LE PLAN POWER 8 :
Le 02 Avril, huit Comités Régionaux CGT* et la Fédération de la métallurgie, se sont réunis à Montreuil, à l'initiative de la Confédération afin d'amplifier les actions pour le retrait du plan Power 8 et développer la filière aéronautique.L'annonce brutale par EADS, du plan POWER 8 dans Airbus entraînant 10 000 suppressions d'emplois en Europe, avec mise en vente de certains établissements de production et externalisation d'activités provoque inquiétude et colère parmi les salariés du Groupe, ainsi que dans les entreprises sous traitantes, comme parmi les populations des Régions et bassins d'emploi touchés par cette vaste restructuration.
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