03 mai 2007
CHORI CHORI CHUPKE CHUPKE
(clic droit sur l'image et ouvrir dans un nouvel onglet pour découvrir la musique)
Un film que j'ai découvert grâce a ARTE.C'est une histoire touchante car c'est celle d'une jeune mariée (Rani) qui ne peut plus avoir d'enfant après avoir eu une fausse couche ce qui est terrible pour une femme (Je l'ai vécu, fausse couche prématurée, heureusement, si on puit dire...).Mais malgré cela elle veut tout faire pour avoir un enfant pour que le grand-père de Salman , Amrish soit heureux car il voulait tant avoir un petit-fils (et ensuite, dans certaines cultures, quand on ne peut pas avoir d'enfants...). Salman trouve alors une jeune prostituée (Preity)qui accepte d'avoir un enfant avec Salman pour beaucoup d'argent mais sans que personne ne le sache.Le trio va donc en Suisse ,Preity tombe enceinte tout va pour le mieux sauf que Preity est tombée amoureuse de Salman qui est déjà marié avec Rani...Comment tout ça va se finir? Va-telle leur donner le bébé ou s'enfuir avec ? Salman va-t-il laissé Rani pour Preity?...à vous de regarder la suite.
La culture indienne... Des films souvent guimauve... Mais parfois qui touchent à des sujets sérieux... Bon, ce film, je l'ai aimé car je n'ai réussi qu'à faire une fausse couche... Il y a de cela 3 ans. Presque jour pour jour... Trois ans dans 11 jours... A l'âge que j'ai, je n'ai plus grand espoir d'avoir un enfant.
Ce film donc est beau quand même... si on aime la musique indienne bien sûr. Même s'il reprend quelques clichés un peu trop hollywoodiens (Pretty Woman notamment !), il n'en reste pas moins très émouvant...
Cendra
Paroles de la chanson :
Rag Rag Mein Is Tarah Tu Samane Laga
Jaise Mujhiko Mujhse Churane Laga
Rag Rag Mein Is Tarah Tu Samane Laga
Rag Rag Mein Is Tarah Tu Samane Laga
Jaise Mujhiko Mujhse Churane Laga
Dil Mera Le Gaya Lutke
Chori Chori Chupke Chupke, Chori Chori Chupke Chupke
Chori Chori Chupke Chupke, Chori Chori Chupke Chupke
Rag Rag Mein Is Tarah Tu Samane Lagi
Rag Rag Mein Is Tarah Tu Samane Lagi
Jaise Mujhiko Mujhse Churane Lagi
Dil Mera Le Gayee Lutke
Chori Chori Chupke Chupke, Chori Chori Chupke Chupke
Chori Chori Chupke Chupke, Chori Chori Chupke Chupke
Chori Chori Chupke Chupke
Tune Dil Ko Dhadkna Sikhaya Sanam
Pyaar Kya Hai Mujhe Yeh Bataya Sanam
Tune Dil Ko Dhadkna Sikhaya Sanam
Pyaar Kya Hai Mujhe Yeh Bataya Sanam
Saree Rasmoko Kasmako Main Tod Doon
Tu Kahe To Yeh Duniya Bhi Main Chod Doon
Na Jaana Kabhi Roothke
Chori Chori Chupke Chupke, Chori Chori Chupke Chupke
Chori Chori Chupke Chupke, Chori Chori Chupke Chupke
Maine Sab Kuch Tere Pyar Ko De Diya
Tujhpe Rab Se Bhi Jyaada Bharosa Kiya
Maine Sab Kuch Tere Pyar Ko De Diya
Tujhpe Rab Se Bhi Jyaada Bharosa Kiya
Tujhko Palkon Mein Apni Saja Ke Rakhoon
Tere Sapnon Ka Moti Chhupa Ke Rakhoon
Main Karoongi Wafa Tutke
Chori Chori Chupke Chupke, Chori Chori Chupke Chupke
Chori Chori Chupke Chupke, Chori Chori Chupke Chupke
Rag Rag Mein Is Tarah Tu Samane Laga
Rag Rag Mein Is Tarah Tu Samane Lagi
Jaise Mujhiko Mujhse Churane Laga
Jaise Mujhiko Mujhse Churane Lagi
Dil Mera Le Gaya Dil Mera Le Gayee Lutke
Chori Chori Chupke Chupke, Chori Chori Chupke Chupke
Chori Chori Chupke Chupke, Chori Chori Chupke Chupke
Chori Chori Chupke Chupke, Chori Chori Chupke Chupke
20 avril 2007
SEGOLENE ROYAL EN LARMES DEVANT FRANCOIS MITTERRAND
A2 - 26/05/1993 - 00h00m17s
Elections Législatives de Mars 1993, la Gauche est battue . François MITTERRAND doit reformer un nouveau gouvernement . Lors de son dernier conseil des Ministres, il salue un par un ses anciens Ministres dont Ségolène ROYAL Ministre de l'Environnement du gouvernement BEREGOVOY. Nous la voyons ici en larmes pendant une longue poignée de mains avec François MITTERRAND
Parce que j'adorais François Mitterrand, parce que je soutiens Ségolène, parce qu'il faut encore, de nos jours, avoir des idéaux politiques, parce que dimanche, nous allons jouer 5 années de nos vies, s'il vous plait, ne faites pas n'importe quoi ! Votez, dès le premier tour SEGOLENE ROYAL ! Vous ne regretterez pas votre choix !
VOTEZ SEGOLENE
Pour une France plus forte et plus juste. Ce ne sont pas que des mots.
Et pour l'amour de notre pays, aux mille cultures qui font sa richesse...
A VOIR BIEN SUR !
Les sites génériques ou plus "spécifiques" à François Mitterrand :
Et bien plus encore...
GRANDS MOMENTS D'ELOQUENCE PARLEMENTAIRE - 1958
François Mitterrand - réponse au discours d'investiture du Général de Gaulle
Réponse au
discours d’investiture du général de Gaulle
1er
juin 1958
M. François Mitterrand. Mesdames, messieurs, sur quoi allons-nous nous prononcer
dans un instant, sur quelle déclaration, sur quel texte ?
Cependant, on
était en droit d'attendre et de connaître l'opinion du Président du Conseil
pressenti sur des événements récents dont on pourrait croire qu'ils n'ont pas
existé.
[…]
Je suis de ceux qui désiraient entendre l'opinion du
Président du Conseil désigné sur les faits qui ont fixé l'orientation de la
crise, je veux parler des événements d'Algérie. Or, pas plus aujourd’hui
qu'hier, je ne suis en mesure de me prononcer autrement qu'à la faveur
d'indications telles que celle-ci : « L'armée scandalisée de la
carence des pouvoirs publics ».
Il
faut donc examiner le contexte, contexte, favorable, contexte défavorable.
Contexte
favorable : l'homme au prestige unique, à la gloire incomparable, aux
services rendus exceptionnels. L'homme de Brazzaville, qui, plus qu’aucun
autre, signifie par sa seule présence à cette tribune une espérance pour les
peuples d'outre-mer. Oui, c'est une espérance pour beaucoup de nos frères.
Enfin
le général de Gaulle incarne l'autorité indispensable à la conduite des
affaires publiques, et cela n'est pas négligeable, même si cela nous fait
entrer déjà dans le contexte inquiétant.
Je
ne doute pas, en tout cas, que le contexte favorable amènera certains de nos
collègues à déposer dans l'urne un bulletin blanc, je ne doute pas qu'ils sont
sincères et que dans ce grand débat où se pose la question : de Gaulle
sauvera-t-il la République ou bien la perdra-t-il ? ce soit le même souci
patriotique qui commande leur réponse.
Contexte
inquiétant : la réforme de la Constitution. Les indications fournies ne
nous renseignent pas. Je n’en connais que les grandes lignes. Serai-je obligé
de recourir aux souvenirs d'un itinéraire qui commence a Bayeux ? Peu
importe.
Nous
ne nous battrons pas pour les rites, pour les mœurs, pour les travers de ce
système tant dénoncé. Quelques-uns des hommes qui entourent le général de
Gaulle dans son Gouvernement sont d'ailleurs particulièrement qualifiés pour le
défaire. Ce système, ils l'ont fait, ils l'ont géré, ils l'ont perdu. (Applaudissements
à l’extrême gauche et sur plusieurs bancs à gauche.)
A droite. Et
vous ?
M. François Mitterrand. J'ai voté, avec mes amis de groupe, qui se
partageront dans ce vote, contre la Constitution de 1946 et j'ai voté, avec les
mêmes amis, pour tous les projets réformant cette même Constitution.
Cependant,
j'ai tout lieu de croire qu'il ne s'agit pas en l'occurrence – c'est bien
clair – d'une réforme de la Constitution, même à la manière de
M. Pierre Pflimlin. Il s'agit tout bonnement, mesdames, messieurs – pourquoi le nier, le taire, ou
l'oublier ? – d'un changement de régime. (Applaudissements sur quelques
bancs à gauche.)
Le
contexte favorable, il appartient à un certain nombre d'entre vous, qui se
prononceront « pour », de l'exposer entièrement. Pour moi, je
voudrais dire ma principale objection.
La
présence du général de Gaulle signifie, même malgré lui, que désormais les
minorités violentes pourront impunément et victorieusement partir à l'assaut de
la démocratie. (Applaudissements sur les mêmes bancs.)
Lorsque,
le 10 septembre 1944, le général de Gaulle s'est présenté devant l'Assemblée
consultative issue des combats de l'extérieur ou de la Résistance, il avait
auprès de lui deux compagnons qui s'appelaient l'honneur et Ia patrie.
Ses
compagnons d'aujourd'hui, qu'il n'a sans doute pas choisis mais qui l'ont suivi
jusqu'ici, se nomment le coup de force et la sédition. (Applaudissements à
l'extrême gauche et sur plusieurs bancs à gauche).
En bref, au moment où l'Assemblée nationale va se
prononcer, au moment où - comme son message solennel l'a rappelé ici même
avant-hier - le plus illustre des Français se présente devant nous, je ne puis
oublier que le Général de Gaulle, président du Conseil pressenti, fut appelé
d'abord et avant tout par une armée indisciplinée. (Murmures à droite.)
En droit, le Général de Gaulle tiendra ce soir ses
pouvoirs de la représentation nationale ; en fait il les détient déjà du coup
de force. (Vifs applaudissements sur de nombreux bancs à gauche.)
Quelqu'un vient de dire : dans quelque temps, vous
vous rallierez.
Eh bien ! Oui, mesdames, messieurs ! Si le général de
Gaulle est le fondateur d'une nouvelle forme de démocratie...
...si le général de Gaulle est le
libérateur des peuples africains, le mainteneur de la présence de la France
partout au-delà des mers, s'il est le restaurateur de l'unité nationale, s'il
prête à la France ce q'il lui faut aussi de continuité et d'autorité, je me
rallierai, mais à une condition...
M. Pierre Charles. Un portefeuille !
M. le Président (André Le Troquer) : Ces
interruptions sont intolérables.
Je préviens ceux qui s'en rendraient coupables que je
prononcerai des rappels à l'ordre avec inscription au procès-verbal.
M. François Mitterrand. Je prie
monsieur le Président de l'Assemblée nationale de ne pas s'émouvoir.
M. le Président. Je ne suis pas ému. ! (Rires)
M. François Mitterrand. Il est
vrai, que j'ai eu plus souvent l'occasion de refuser un poste dans un
gouvernement que ce monsieur ! (Rires)
Mesdames, messieurs, puisqu'il s'agit de nous séparer
pour des mois, puisqu'une seule chose est claire dans ce qui nous a été
annoncé, c'est que nous serons sans délai en congé, puisque nous savons que
nous est réservée une séance de pure forme, imposée par la Constitution, le
premier mardi d'octobre, puisque le général de Gaulle nous invite à nous taire
et à le laisser faire, je pense que c'est maintenant qu'il faut crier à la
Nation que les hommes qui se battent pour la liberté et pour la souveraineté
populaire, même s'ils ont le cœur plein d'inquiétude, même s'ils sont
angoissés, ne se laisseront pas aller au désespoir.
Il y a encore beaucoup à faire et la France continue.
Il y a la foi et il y a la volonté et il y a, au bout du compte, la liberté
victorieuse dans la patrie réconciliée.
Cet espoir me suffit, m'encourage, m'accompagne au
moment où je vais voter contre l'investiture du général de Gaulle.(Vifs applaudissements
sur de nombreux bancs à gauche et sur tous les bancs à l'extrême gauche.)
FRANCOIS MITTERRAND
LE CAS MITTERRAND
"
François Mitterrand réunit et exalte en lui les humaines contradiction
françaises "
J. Lacouture.
Neuf ans après sa mort, François Mitterrand reviendra en
février sous les traits de Michel Bouquet dans le Promeneur du Champs-de-mars,
dernier film du réalisateur français Robert Guédiguian qui suscite déjà les
inquiétudes de la mitterrandie. L'occasion pour En Rade de revenir sur les
traces d'une jeunesse française pris dans la tourmente des années noires.
La première difficulté lorsqu'on étudie François Mitterrand
vient de l'homme même. Son itinéraire, n'a rien de banal, débutant à l'extrême
droite pour incarner finalement " l'espoir du peuple de gauche ", il
a pris part aux violents affrontements idéologiques d'avant 1939, a fait la
guerre comme sergent, a vécu les drames des prisonniers de guerre, puis s'est
retrouvé à Vichy. Il a été pétainiste, giraudiste et résistant. A 27 ans il
avait déjà rencontré le Maréchal, De Gaulle et Giraud. Pétainiste puis
résistant : son parcours fut celui de nombreux français engagés dans la guerre.
Nous reviendrons sur cet itinéraire sinueux sur les ambiguïtés et
contradictions du personnage, en allant au-delà de ses propres paroles, de ses
propres écrits et des nombreuses polémiques. Tout cela dans un souci de vérité.
L'entreprise n'est pas facile, car le souvenir de l'occupation obsède et "
sature " la conscience nationale. Combien de films, de téléfilms,
d'ouvrages consacrés chaque année à cette période de notre histoire nationale ?
Ils sont nombreux et posent les jalons d'une mémoire d'un passé proche qui fait
désormais partie de notre environnement culturel et politique. Les polémiques
succèdent aux révélations, les commémorations aux procédures judiciaires. Ces
quatre " années noires " en prenant une place démesurée dans la
mémoire nationale sont le signe d'un passé à vif, trace d'un deuil inachevé…
A travers Mitterrand, c'est la question centrale de l'attitude des français
dans leur ensemble durant la dernière guerre qui doit être posée. A celle-ci
s'est ajouté ces vingt dernières années, le désir de faire ou refaire le procès
de Vichy et celui de la collaboration. Le cas Mitterrand en offre un exemple
criant. Jamais ce passé n'a autant donné l'impression qu'il n'arrivait pas à
passer. Depuis 30 ans Vichy est un objet national de dispute. Etudier le cas
Mitterrand, c'est abordé une question essentielle dans les enjeux de mémoire
récents.
* * *
MITTERRAND
DANS LA TOURMENTE DU SYNDROME DE VICHY
Les querelles de mémoire
Les querelles de mémoire autour de Vichy ont eu ses trente dernières années de
plus en plus d'effets dans la société française. Ce passé a pesé et pèse encore
sur notre présent.
Un exemple : en 1984, 3 députés de l'opposition mettaient en cause F.
Mitterrand, ce qui leur valut la perte pour trois ans de leur indemnité pour
injure au président de la république. " François Mitterand a un passé !
" s'était exclamé François d'Aubert. Autrement dit un passé vichyssois.
L'attaque n'avait rien de nouveau : les adversaires de François Mitterand l'utilisaient
régulièrement en voici deux exemples…polémiques.
La Francisque, inépuisable objet de délices pour ses
adversaires, source d'incessantes contorsions pour ses fidèles.
La francisque de Mitterrand portait le n°2202 et lui fut certainement attribué
en mars-avril 1943 pour " récompenser les services rendus à l'Etat
français ". Cette décoration fut très longtemps un tabou dont l'évocation
était mise au compte de l'acharnement de l'extrême droite, Mitterrand n'ayant
jamais pris le risque de démentir, ni de s'expliquer de manière claire. Reste
que l'on peut s'interroger sur le sens de la polémique. La francisque n'était
pas forcément la marque la plus nette de l'engagement vichyste ni un brevet
systématique de collaboration. Elle était souvent un signe de reconnaissance
accordé à des maréchalistes fidèles. La francisque constitue un symbole au
propre comme au figuré. Elle est la marque d'un service professionnel rendu
dans le cadre d'un régime dans lequel François Mitterrand, quelles qu'aient été
ses motivations profondes, a effectivement joué un rôle. Même si elle a été
décerné a une date ou les choses changent, ou des maréchalistes, voire des
pétainistes fidèles, passent à la résistance et à la dissidence, ni plus ni
moins.
Avec " Une Jeunesse française ", ouvrage paru en
1994, Pierre Péan relancé la polémique sur le passé de François Mitterrand,
latente depuis 50 ans, récurrente depuis son accession à la présidence de la
République, plongeant le pays tout entier dans le souvenir d'une période
trouble de la mémoire nationale.
Si l'ouvrage de P. Péan constitue une réelle avancée dans la connaissance du
personnage, l'affaire éclatait à quelques mois de la fin du second septennat
qui devait mettre un terme à la carrière politique de François Mitterrand.
L'arme de l'Histoire s'offrait donc non seulement aux opposants irréductibles,
mas également aux héritiers en tout genre. Et cette arme là, était d'un
maniement plus simple et plus redoutable que celle de la discussion politique.
Le débat attendu sur le bilan de 14 années de présidence a ainsi totalement été
escamoté par les empoignades sur la présence de F. Mitterrand à Vichy et sur
ses liaisons avec René Bousquet.
Mais Pierre Péan en dissipant le brouillard qui entourait encore le parcours du
jeune Mitterrand proposait un ouvrage prisonnier d'une perspective
téléologique, biographie partielle et focalisée sur " la " période
sensible car elle constituait un enjeu politique contemporain. L'indignation
nationale suscitée par ces révélations a pris son sens véritable que parce que
nous savions par définition qu'il ne s'agissait pas d'un anonyme, mais du futur
président de la République et du 1er président de gauche de la Ve République.
C'est la raison pour laquelle le parcours relativement banal d'un jeune catholique
ambitieux, d'un fonctionnaire subalterne du régime, comme il y en a eu, est
devenue sous la plume de certains commentateurs un symptôme inquiétant de la
vie politique française.
De l'usage du souvenir comme arme polémique
La campagne de 1981 ou comment la vérité politique de l'heure a supplanté
momentanément la vérité de l'Histoire.
Une fois encore avec un extrême violence polémique le souvenir de l'occupation
va se retrouver au cœur d'un débat parfois irréel. Lors de la campagne
présidentielle de 1981, l'analyse de cette polémique offre une bonne occasion
de comprendre le mécanisme de l'invective et sa fonction particulière dans le
développement du syndrome.
D'abord elle éclate à un moment important des divisions internes. Plus que
d'autres campagnes, celle de 81 voit s'affronter 2 camps irréductibles, les 2
bords de la faille bi séculaire franco-française. Au-delà des 2 leaders, c'est
la droite et la gauche historiques qui s'opposent. Rien d'étonnant donc de voir
resurgir la vieille querelle des résistants et des collaborateurs. Choisir l'un
ou l'autre des candidats, signifiait avoir prise dans les querelles du passé.
On votera ainsi juif résistant pour se venger des collabos de gouvernement. La
polémique a permis de transcender le débat traditionnel entre droite et gauche,
comme si l'enjeu de 1981 prenait une épaisseur historique et renvoyait aux
grands débats du siècle. Cette polémique qui prend des allures de guerre
fratricides hexagonales, laisse transparaître la nature idéologique de la
seconde guerre mondiale et l'absence de consensus national sur la nature du
conflit et sur sa représentation. Lors de cette campagne s'opère un transfert
de la lutte politicienne triviale, vers les combats sublimés du passé.
La part de
vérité : Mitterrand face à lui-même :
François Mitterrand pour évoquer sa jeunesse a souvent
procédé par métaphores ou laissé œuvrer quelques plumes bienveillantes.
Peut-être estimait-il qu'il y a des vérités que la génération de la guerre - la
sienne - transmet avec difficulté aux suivantes. Peut-être comme tant d'autres
de français, petits ou grands, a-t-il pensé un temps pouvoir garder sinon le
secret du moins la discrétion pudique sur certains faits. Dans ses brèves
confidences sur cette période, François Mitterrand use parfois de la contradiction
: il déclare en 1969 : " rentré en France, je deviens résistant sans
problème déchirant ". Dans un raccourci saisissant il remodèle son passé :
un et demi a disparu, l'épisode de Vichy est mis entre parenthèse. Etait-il
donc impossible d'assumer le fait qu'il fut, à son rang modeste, l'un des
cadres de Vichy que la Résistance cherchait à débaucher ? A cette époque alors
que Mitterrand aspire aux plus hautes fonctions, les rappels historiques
n'étaient peut-être pas faciles, ni les esprits préparés. Mais comme pour
d'autres personnalités politiques qui ont eu à répondre devant de l'opinion de
leur conduite passée, le secret a probablement coûté plus cher q'une confession
précoce. Car ces années ont laissé des traces matérielles (francisque, photos,
écrits sur son pèlerinage en Thuringe). Mais le comble dans cette affaire est
que le principal intéressé a grandement contribué à semer le doute dans les
esprits.
Mitterrand a pris l'initiative d'un entretien télévisé avec
J.P. Elkabach, le 12 septembre 1994 pour s'expliquer tant sur sa maladie que
sur son passé, rompant ainsi deux réserves traditionnelles de la fonction
présidentielle. Le décalage entre les attentes d'une opinion publique désemparé
et les propos ambigus du président sur le régime de Vichy et sur les leçons
qu'il en tenait, loin de calmer les esprits, a au contraire accru le trouble
des consciences. Son intervention télévisée, loin de clarifier des choses a
paru donner raison à ceux qui ne voulaient plus se souvenir que du pétainiste de
1942-1943 pour oublier le résistant de 1943-1944 et plus encore le Président de
1994. Car Mitterand a bien été tout cela.
RETOUR SUR UN ITINERAIRE SINUEUX
Les années Vichy
François Mitterrand est né le 26 octobre 1916 à Jarnac en Charente. Il reçoit
une éducation catholique. Sa famille est fortement marquée à droite. En 1934,
il monte à Paris pour étudier à la faculté de droit et à la Fondation nationale
des sciences politiques. Séduit par les Croix-de-Feu du colonel de La Rocque,
il a été dès 1934 membres des volontaires nationaux, l'organisation de jeunesse
de cette ligue d'extrême droite devenue, après sa dissolution en 1936, le Parti
Social Français. Mobilisé en septembre 1939, le sergent Mitterand du 23e
régiment d'infanterie coloniale blessé par un éclat d'obus près de Verdun le 16
juin 1940 et fait prisonnier en Allemagne. A 25 ans il partageait ainsi le sort
de 1 650 000 prisonniers de guerre. En décembre 1941, il s'évade prés trois
tentatives manquées. L'exploit ne fut pas unique : 16 000 tentatives réussies
pour la seule année 1941. Installé à Vichy dès janvier 1942 (il y gardera un
domicile jusqu'en décembre 1943), il occupe un emploi contractuel, deux postes
relativement subalternes, d'abord à la Légion Française des Combattants puis en
mai 1942, au commissariat général aux prisonniers de guerres et rapatriés et
aux familles de prisonniers de guerre. Etablit par une loi du 14 octobre 1941
ce commissariat a été dirigé jusqu'en janvier 1943 par M. Pinot. Après son
renvoie par P. Laval en janvier 1943 le commissariat prendra une orientation
pro-nazie. Mais jusqu'à cette date le commissariat ne joue pas un rôle directement
politique et se consacre surtout à la réinsertion des prisonniers rapatriés,
créant une " maison de prisonnier " dans chaque département et près
de 2700 " centres d'entraides " à l'échelon local, essentiellement en
zone occupée. Cet organisme s'inscrit pourtant a bien des égards dans le droit
fil de la politique du régime. Son action civique et sociale était entièrement
placée sous l'égide de la Révolution Nationale. Selon l'historien C. Lewin :
" L'attitude des cadres du commissariat aux prisonniers de guerre était
dès le début anti-allemand donc anti-collaborationniste. Quant au régime de
Vichy, il lui apportèrent pour la plupart, à l'origine leur soutient. Toutefois
l'ambiguïté de ses relations avec l'occupant et son glissement constant sur la pente
de la collaboration augmentèrent leur méfiance et précipitèrent leur
éloignement. Leur action fut tout autant civique et sociale, apolitique et
attentiste ". En janvier 1943 Pinot est révoqué par Laval. F. Mitterrand,
âgé de 26 ans et chef de service de l'Information du commissariat pour la zone
sud. Il conserve cependant un poste à la tête des centres d'entraides, c'est à
ce titre qu'il reçoit la francisque gallique sans doute en mars-avril 1943,
époque ou les attributions devenues plus sélectives, récompensaient un
pétainisme bon teint.
Il ne fait pas de doute que Mitterrand ait été maréchaliste, à savoir plein de
confiance mais aussi d'admiration pour l'homme Pétain. Il déclare dans une
lettre du 13 mars 1941 : " j'ai vu le maréchal au théâtre […] il est
magnifique d'allure, son visage et celui d'une statue de marbre. " Il aura
d'ailleurs l'occasion de le rencontrer le 15 octobre 1942.
Qu'il ait été pétainiste, autrement dit que, dans un premier temps, il se soit
senti relativement à l'aise dans le nouveau régime, trouvant des vertus à la
Révolution nationale est également peu contestable. On en jugera par le ton et
e contenu d'une lettre, publiée par P. Péan et datée du 22 avril 1942. Non
seulement il avoue n'être pas particulièrement inquiet du retour aux affaires,
en avril 1942, de Laval, qui doit selon lui faire ses preuves, mais il condamne
la fonctionnarisation de la Légion française des combattants (L.F.C.), lui
préférant le modèle du Service d'ordre légionnaire (S.O.L.), que vient de
mettre en place Darnand, instrument d'un pétainisme musclé.
Autant qu'on puisse le suivre, F. Mitterrand paraît osciller entre des hommes
de la droite extrême et des pétainistes moins aventureux. Parmi les premiers,
installés dans les allée du pouvoir, citons G. Jeantet, membre de la Cagoule
(organisation secrète d'extrême-droite), chargé de mission au cabinet civil de
Pétain, l'un de ses deux parrains lorsqu'il reçut la francisque. Dans le
deuxième groupe exercent sur lui leur influence F. Valentin, le second directeur
de la L.F.C., M. Pinot déjà cité et Antoine Mauduit, sorte de moine-soldat.
Mais Mitterrand fut - comme le plus grand nombre - adversaire du
collaborationnisme, cette accommodation pleine et entière avec l'occupant
nazie. Notons aussi qu'il demeura imperméable à tout ethnocentrisme et donc à
l'antisémitisme d'Etat, même si la politique à l'encontre des Juifs ne paraît
pas l'avoir préoccupé à l'époque… Voilà ce qu'on peut dire sur ces années
Vichy.
Mitterrand résistant
Résistant F. Mitterrand l'a été incontestablement, à partir de l'été 1943. Il
est alors devenu responsable d'un mouvement de prisonniers résistants. Son
parcours relativement original, témoigne d'un désir d'autonomie comme du souci
d'être reconnu par des instances de la résistance intérieure et par Charles de
Gaulle.
En mars 1943, le tout nouveau RNPG ou groupe " Pinot-Mitterand "
obtient le soutien et le financement de l'O.R.A. qui regroupe des militaires,
jusque là fidèles à Vichy, passés à la résistance après novembre 1942
(dissidence giraudiste). A u printemps 1943, E. Claudius-Petit, numéro 2 du
mouvement Franc Tireur et l'un des responsables des Mouvements unis de
résistance (M.U.R.), rencontre à Lyon F. Mitterrand : le R.N.P.G. cherche à
s'insérer dans l'organisation unifiée de la Résistance intérieure. Quelques
semaines plus tard il obtiendra plus de succès auprès d'un autre responsable
des M.U.R., Emmanuel d'Astier de la Vigerie dirigeant du mouvement libération
sud. E réalité la clef du problème se trouve à Alger, au CFLN créée en juin
1943. L'accueil fut difficile : " Un mouvement de résistance des
prisonniers de guerre ? Et pourquoi pas celui des coiffeurs !? " avait
lancé le général de Gaulle lors de sa rencontre avec Mitterrand. En réalité les
mouvements de résistance voulaient la fusion entre les différentes
organisations d'anciens prisonniers, dans la logique de l'unification générale
en cours.
Le 15 novembre 1943 F. Mitterrand s'envole pour Londres grâce à l'aide de
l'ORA. Le 2 décembre il est à Alger. Sa rencontre avec de Gaulle se passe mal.
Le général demande à ce que les organisations de prisonniers fusionnent sous
l'égide de M.R.P.G.D., seule condition pour recevoir matériel et argent. Mais
F. Mitterrand refuse la tutelle du mouvement de Michel Cailliau. Les services
d'Alger ne facilitent pas son retour en France. Pourtant très vite les talents
de négociateur et d'homme d'appareil de Mitterand s'expriment. Il s'emploie
fort de ce qu'il a compris à Alger et à Londres, à jouer un rôle prépondérant
dans la fusion exigée par Alger. L'opération n'est pas simple elle consiste à
unifier un mouvement gaulliste, une branche du Front national communiste et une
organisation pétainiste et giraudiste dont le rôle va être décisif. Le 12 mars
1944, sous l'égide du CNR les responsables des 3 mouvements se rencontrent
clandestinement à Paris et fondent le MNPGD : Mitterrand est l'un des 4 membres
du comité directeur national.
Ne regroupant que des prisonniers, il n'était en rien comparable aux grands
mouvements, Combat, Libération-Sud etc.. Reste qu'il figurait dans
l'organigramme de la France combattante. Ses activités valurent à Mitterand
comme à ses proches d'être traqués par l'occupant et la milice devenue la
police politique de Vichy. Rattaché au F.F.I. leurs groupes d'actions mis sur pied
par Patrice Pelat et Jean Meunier participent à la Libération de Paris.
François Mitterrand fut l'un des quinze secrétaires généraux des départements
ministériels faisant fonction de gouvernement par intérim
Génération Mitterrand
L'ancien Président est l'exemple type du maréchalo-pétainiste devenu résistant.
Son parcours fut celui de certains Français engagés. La principale difficulté
réside dans l'évaluation chronologique du passage de l'un à l'autre.
Le premier décrochage est vraisemblablement sa démission du Commissariat au
reclassement des prisonniers à la suite de la révocation en février 43 par P.
Laval de M. Pinot. Dans le même temps tout en demeurant de sensibilité
maréchaliste il rencontre H. Freynay (Combat) et des officiers de l'O.R.A..
Mais c'est certainement quand il fut convaincu au début de l'été 43,
l'évolution de l'Algérie aidant (installation de bases du futur gouvernement
provisoire) que la Résistance devenait politiquement crédible, qu'il rejoignit
ses rangs sans plus jouer sur les deux tableaux.
Le cas du jeune Mitterrand, c'est celui d'une trajectoire fréquente pour
l'époque, dont l'épopée officielle de la Résistance a disqualifié le récit, le
réduisant à l'état de secret encombrant. Des milliers de Français n'ont pas
trouvé leur place dans cette mise en scène qui a longtemps opposé une France
résistante, supposée majoritaire, à une France pétainiste supposée minoritaire.
Ils ont vécu une autre histoire où l'on pouvait être un partisan convaincu de
la Révolution nationale avant de devenir résistant, ou l'on restait parfois
maréchaliste après être entré en résistance autant de situations fréquentes
avec les itinéraires de la minorité de dissidents et de résistants de première
heure. Pour l'historien américain Robert Paxton, l'histoire personnelle de
Mitterand est significative : " l'histoire personnelle de F. Mitterand
pendant la guerre fait de lui un Français plutôt typique, plutôt représentatif.
Beaucoup de Français ont sincèrement cru, au début, que Pétain allait pouvoir
faire mieux, beaucoup ont cru pouvoir occuper des fonctions techniques à Vichy
pendant un an ou deux. Mais la Révolution nationale et l'engrenage de la
Collaboration rendaient la situation impossible et nombre d'entre eux ont pris
leurs distances ou ont changé de camp. C'est d'ailleurs la tragédie de Vichy
d'avoir recruté de bonnes volontés qui ont mis du temps à s'apercevoir qu'au
lieu de créer leur union sacrée, comme en 14, le régime a commencé par des
exclusions. C'est un point essentiel. "
Les ambivalences et les ambiguïtés, les itinéraires en clair-obscur n'ont pus
supporter, une fois la paix revenue, la lumière irradiante du gaullisme. Bien
sûr des hommes et des femmes qui passèrent du pétainisme exalté au maréchalisme
inquiet, du légalisme à la dissidence, de Vichy à la Résistance, durent alors
se replier sur leurs souvenirs, faire de ces années une affaire intime, devenue
inavouable avec le temps.
* * *
Certains hagiographes de l'ancien président ont tenté de
travestir les faits. On a reproché à F. Mitterrand lui-même de "
fonctionner au trou de mémoire et de manifester une " incapacité à revenir
sur soi ". Mais n'est-ce pas en définitive lui faire porter seul le défaut
de toute une génération ? Car cette histoire c'est d'abord celle de tout un courant
de la résistance, voire d'une partie des Français. Certains ont continué à
chercher le cadavre qui se cacher dans quelques malles secrètes de l'Elysée.
Mais cela nous expliquera-t-il les ambivalences d'un homme qui appartient
autant à son passé qu'à notre Temps ? Serons-nous mieux éclairés sur la
génération Mitterrand qui a traversé la guerre et porte encore la trace des
ambiguïtés de l'époque ? Le cas Mitterrand et l'idée qu'il s'est faite de la
gestion des séquelles renvoient à une évidence : l'ex-président est un homme de
sa génération, qui est celle de la défaite, de l'occupation, de Vichy mais
aussi celle de la Résistance, de la Libération mais encore celle de
l'épuration, des dilemmes de l'après-guerre et de la Reconstruction. Cette
évidence, pour la comprendre, il est nécessaire d'embrasser d'un seul regard
toute la période de la crise. Les clivages de l'occupation passèrent à
l'intérieur d'une même conscience tandis que l'individu, lui, tentait de
traverser l'épreuve en restant aussi intact que possible. Ces clivages d'il y a
un demi-siècle expliquent sans doute même s'ils ne les justifient pas les
positions de l'ancien président sur ces questions si sensibles.
L'histoire est une relecture et une réécriture constante du passé et rien ni
personne n'interdisent de s'interroger de manière récurrente sur cette période,
sur sa signification profonde, sur ses prolongements éventuels. A condition de
ne pas perdre de vue le respect de la vérité, à condition de ne pas utiliser le
souvenir comme un alibi politique et une arme polémique.
La première obligation du devoir de mémoire est le respect de la vérité en tout
cas d'une certaine humilité face à la tragédie et à la complexité de ces années
terribles. La seconde est de ne pas exiger des générations passées la lucidité
et le courage dont on peut faire preuve après coup en temps de paix, alors que
la France n'a rien connu de comparable au cataclysme de la seconde guerre
mondiale depuis 1945. La polémique sur le passé de F. Mitterrand constitue une
des manifestations les plus aiguës du " syndrome de Vichy ". Non
seulement ce passé ne passait pas, mais il remontait brusquement, tel un
malaise parvenu à son paroxysme. Tandis que la clameur s'amplifiait, l'affaire
Mitterrand apparaissait comme le sommet d'un processus dans lequel se mêlaient
toutes les attentes insatisfaites, les ambiguïtés entretenues ou les illusions
tenaces sur une possible résorption volontariste du traumatisme engendré par
les souvenir douloureux de l'an 40.
Bibliographie
Ouvrages généraux
Lacouture J., François Mitterrand une histoire de français, Le Seuil,
Paris, 1998.
Péan P., Une jeunesse française. François Mitterrand 1934-1947, Fayard,
Paris, 1994.
Ouvrages spécialisés
Lewin C., Le retour des prisonniers de guerre français, Paris, P. U.
Sorbonne, 1986.
Rousso H., Le syndrome de Vichy, de 1944 à nos jours, Le Seuil, coll.
points histoire, Paris, 1987, 1990.
Conan E., Rousso H., Vichy, un passé qui ne passe pas, Gallimard, coll.
Folio histoire, Paris, 1996.
Revues
L'histoire N°spécial, " Le dossier Mitterrand ", N°253, Avril 2001.
" Entretien de Robert Paxton par Eric Conan ", L'Express, 16 juillet
1992.
Témoignages
Mitterrand F., Ma part de vérité, Fayard, Paris, 1969.
17 avril 2007
UN DROLE DE MONDE
Un drôle de monde que la politique. Un monde complexe et très sinueux, fourbe, tortueux, cruel, et j'en passe. Et pourtant, il faut y croire. Croire que, malgré toutes les embuches que l'on peut rencontrer, on les enjambe, on les dépasse. On se fait foi d'un esprit qui veut rassembler, avec des idées qui peuvent évoluer avec le temps. c'est ce qui fait les "grands" hommes politiques, peut-être aussi les femmes...
Il fut un temps où je ne m'intéressais pas à la politique, ou peu. Ce qui ne veut pas dire que je veuille aller plus de l'avant ! Pas trop loin en tous les cas. Je me rends compte néanmoins de l'importance de la politique dans la vie de tous les jours et dans toutes les instances qu'elle peut mettre en place.
Je me rends compte de tous les sacrifices qu'elle peut amener à faire, et des avantages qui, aussi, peuvent améliorer le quotidien et les futures années d'un élu...
Je n'ai jamais eu de vision grossière des choses. Peut-être des coups de gueule et donc des visions déformées, élargies, exagérées. J'essaie toujours d'envisager les choses d'une manière, comment dire, globale. A chacun ses qualités, je ne suis pas une "analyste" poussée, j'aime la synthèse, avec de brefs développements, des idées qui en émanent, des "étincelles"...
En attendant, l'étincelle va raviver sa flamme en allant manger...
SEUL AVEC DIEU
Seul avec Dieu
propos recueillis par Claire Chartier
Patrice Gourrier, à l'église Saint-Pierre de Montrouge.
«Un prêtre ne fait pas le vœu du célibat, il l'accepte et assume cette existence solitaire. Si j'avais le choix, je ne changerais rien à mon état, parce que je crois à la symbolique du célibat, celle de l'engagement total auprès des autres, croyants ou non, même si je suis persuadé que l'ordination d'hommes mariés enrichirait l'image du prêtre dans la société. La Bible dit elle-même qu'il n'est pas bon que l'homme reste seul. Lorsqu'on revêt la soutane, on s'exclut du circuit économique, on devient en quelque sorte un marginal. C'est très dur. Avant mon ordination, en 2000, j'occupais le poste de directeur d'une maison d'édition, dans le groupe Vivendi Publishing. J'avais une vie mondaine, pleine d'amis et de sorties. J'ai même failli me marier. Et puis tout a changé. Je suis parti vivre à Poitiers, en pleine campagne. Ce qui me pèse le plus, c'est la somme de malheurs qu'on me confie au quotidien. Je reçois plus de 50 personnes par mois. Certaines viennent parfois me voir pour des affaires d'inceste, de viol et même de meurtre. Le soir, je n'ai personne à qui parler de ce que j'ai entendu, aucune épaule sur laquelle poser ma tête. Il faut avoir une colonne vertébrale très solide pour supporter ça! Au séminaire, on vous forme à la théologie, mais on ne vous prépare pas à affronter toutes ces souffrances. J'avoue que j'ai trouvé cela très difficile. Une année, je suis tombé très malade. J'ai atterri aux urgences et on m'a oublié là. J'ai failli mourir d'une septicémie. Si j'avais eu une épouse, les infirmiers m'auraient soigné à temps! J'ai trouvé une échappatoire en faisant des choses pour moi: je prépare un mastère de psychologie à la faculté de Poitiers, je participe à une émission de radio et je me rends à des colloques. Cette vie sociale me permet de briser ma solitude. Je veille aussi à maintenir une discipline de vie: ne pas me laisser aller, manger correctement. Je cours souvent, et je fais vingt minutes de gymnastique tous les matins. Le sexe? Ça manque, bien sûr. Mais j'avais déjà vécu une existence tout à fait normale de ce côté-là avant d'entrer dans la prêtrise. A 40 ans, on n'a pas les mêmes pulsions qu'à 25. Aujourd'hui, une question me taraude: est-ce que je ne vais pas me durcir avec le temps? Et si le meilleur moyen de n'aimer personne, c'était d'aimer tout le monde?»
Je tenais à mettre cet article. Il parle d'un homme, d'un prêtre notamment. Qui entend des confessions...
Attention, le thème que je voulais aborder, ce n'est pas le secret de la confession, si elle doit être levée ou pas... Quoique... Je suis contre (désolée, M. Sarkozy), le prêtre n'est pas fait pour dénoncer.
Le thème, c'est le sexe, les pulsions sexuelles et le fait qu'en tant qu'êtres humains, nous devons nous sublimer, aller au-delà de ces pulsions, quand elles sont néfastes, ou inutiles. C'est ce qui fait de nous des êtres supérieurs, par rapport à l'animal.
Hélas, souvent, l'animal se révèle être supérieur à l'humain.
Cela ne devrait être.
Mais je ne voudrais juger personne. C'est juste que l'on peut... vivre ses fantasmes, avoir des relations passionnelles... Mais attention aux dérives...
Cendra, être humain, qui essaie de l'être à part entière...
La Bible dit que le prêtre ne peut avoir qu'une seule femme...
15 avril 2007
IDENTITE RETROUVEE
En faisant un clic droit, vous pouvez écouter cette musique : 01_Eliz_Iza
Je n'aime pas les modes, sauf si elles me plaisent. Quitte à mettre un drapeau chez moi, j'en mettrais volontiers deux : celui de la Bretagne, celui de l'Europe.
Diaes eo ar brezhoneg ! Allez donc voir : La restauration du Palais du Parlement de Bretagne sur Culture.fr
Et souvent, on a le coeur déchiré. L'endroit où on est né, l'endroit d'où on vient, l'endroit où on vit, et l'endroit où on voudrait aller.
Je suis née à Cannes, mon coeur vient de Bretagne (une de mes origines), je vis à Nice, je voudrais aller à ... (là où je serai le plus heureuse). On est rien sans ses racines. Quand on n'a pas de racines, on s'en reconstruit dans le présent et le futur.
J'essaie de concilier le tout. Ce n'est pas évident encore. J'aime Nice, je la préfère de loin à Cannes, je suis habituée aux grandes villes, j'ai habité à Londres (que j'adore). Mon manque d'implication actuelle et de prise de décisions vient de mon passé affectif et de sa non-construction. Je travaille dessus.
Quand j'étais (plus) jeune, j'avais décidé que c'était à Londres que je voulais aller et j'étais donc passée par une agence de jeunes filles au pair londonienne. Je ne regrette pas ! C'est un épisode de ma vie presque heureux qui m'a permis de m'ouvrir l'esprit sur l'Europe et le monde, les cultures, les religions, les croyances... Savez-vous que c'est choquant pour une Finlandaise de faire la bise à une fille qu'elle connait peu (ou même à une amie si je me souviens bien) ? Savez-vous que si les Japonais n'ouvrent jamais un cadeau devant vous, c'est par politesse, pour que vous ne voyiez pas sa tête au cas où ça ne lui plait pas ?
J'ai vécu dans des familles juives (dont une famille juive orthodoxe), indiennes, irlandaises (hummm, les Irlandais....). Je suis sortie avec des turcs, des irlandais (waowwww), des africains, un portugais luxembourgeois (???), un italien, des anglais. Outre les remarques truculentes que d'aucun pourrait faire, cela m'a apporté une si grande richesse et ouverture d'esprit !
Mon identité, elle est terrestre, avec des accents bretons, le soleil de Nice dans mes yeux, des coins de Londres sur mes lèvres, des airs italiens qui me chatouillent le palais, et des bras à embrasser le monde ! (une petite préférence quand même pour l'Irlande, le Maroc...)....
06 avril 2007
ARTICLE NOUVELOBS - Les profs
Qu'est-ce qu'un bon prof ?
Car c'est inquiétant puisque l'intention de vote des enseignants est créditée de 27% pour François Bayrou, qui serait le seul à les comprendre !
Sept questions posées sur le NouvelObs :
1.
Maîtrisent-ils leur discipline ?
2.
Sont-ils pédagogues ?
3. Sont-ils élitistes ?
4.
Sont-ils motivés ?
5.
Travaillent-ils assez ?
6. Sont-ils assez payés
?
7. Sont-ils trop politisés
?
Des questions qui ne laissent pas indifférents les professeurs.
60% des professeurs sont des professeurs certifiés (ayant obtenu le CAPES) et 12% du secondaire sont agrégés. Il faut savoir que passer le CAPES, ce n'est pas si facile que cela ! Les professeurs possèdent une solide culture disciplinaire, cela ne fait aucun doute. Il est bien évident qu'un professeur agrégé "possèdera" encore plus sa matière. Un peu plus d'un quart des enseignants n'ont pas reçu de formation initiale de cette qualité, ils sont souvent en train de poursuivre leurs études : ce sont les contractuels, les "enseignants non titulaires".
Selon un constat de Lauro Capdevilla, inspecteur pédagogique régional de l'académie de Rennes : «Ce qui fait la
différence entre un professeur et un autre, ce n'est pas tant le grade qu'il a
obtenu que ses pratiques, son expérience, la façon dont il sait prendre la
classe»
Le professorat est un métier où la pédagogie s'apprend : la classe est un lieu vivant et comportant de nombreuses personnalités. Le professeur doit s'adapter en quelque sorte à son "public" : «Il sait qu'avec les élèves aisés on est plus efficace en étant un peu
raide. Alors qu'avec les élèves de milieux populaires il faut être
chaleureux pour leur donner confiance», rappelle Marie Duru-Bellat.
Personnellement, je pense que le professorat est un "don" au départ, un don qui, comme tout autre don s'apprend, se travaille afin de s'épanouir. Comme dans tout corps de métier, il y a ceux qui aiment ce qu'ils font, et d'autres, par "défaut" de n'avoir pu faire autre chose, réaliser un autre rêve. Il existe aussi des erreurs d'aiguillage"...
Les IUFM (Instituts Universitaires de Formation des Maîtres) n'étaient pas vraiment axés sur la pédagogie et ne formaient pas vraiment au métier de professeur. Heureusement le nouveau cahier des charges de l'IUFM a été publié en décembre 2006 et l'on y trouve désormais les dix compétences que doivent acquérir les futurs professeurs tels que «concevoir et mettre en oeuvre son enseignement», et «organiser le travail de la classe».
A télécharger : cahier_charges
Les professeurs sont également accusés d'élitisme, c'est-à-dire de ne pas permettre à TOUS les élèves de réussir. Enseigner, c'est transmettre le savoir mais également des méthodes de travail afin de permettre à l'élève de devenir autonome. Il est difficile pour un professeur (ou quiconque) de se détacher lui-même d'un système élitiste dont il est le produit.
Je pense que le NouvelObs catégorise trop facilement le professeur comme élitiste, ou baissant les bras trop facilement. Il faut connaître les limites de la "prise en charge" d'un élève et de ses difficultés, compte tenu des difficultés justement! que rencontre un professeur : des classes surchargées, un public très difficile, et souvent des élèves accusant un retard scolaire important. les nombreux écueils seraient trop nombreux à énumérer ! Facile de dire donc que les professeurs sont élitistes !
Les professeurs sont motivés (pas tous...) mais sont souvent confrontés à une réalité à laquelle on ne les a pas préparés. Tout dépend ensuite de la force de caractère, de la ténacité, de la foi ? Venez donc assurer les cours d'une sixième SEGPA dans une ZUS (Zone urbaine Sensible) alors que vous n'êtes pas encore titulaire, encore en formation. ça c'est un petit clin d'oeil à une prof de SEGPA dans le collège où je travaille ! Chapeau, ma belle !
Quant à la question numéro 5 : travaillent-ils assez ?
Là, je suis les professeurs à 1 000 % !
Arrêtons de polémiquer là-dessus ! Pour un professeur certifié, c'est 18 heures de cours. A cela s'ajoute la préparation de ces cours, la correction des devoirs (minimum 1/4 d'heure par copie), les rencontres avec les parents, les éducateurs, les réunions, les conseils de classe...,Croyez-moi, un professeur fait bien ses 35 heures, au minimum.
Petite anecdote entendue dans la salle des profs "Ah moi, je veux bien les 35 heures, mais quand je rentre chez moi, je ne fais plus rien concernant le collège !"
Sont-ils assez payés ?
Il faut considérer le nombre d'années d'études, le temps qu'il faut pour réussir le CAPES, les conditions pénibles de travail selon les zones...
Après trente ans de carrière, le certifié
titulaire du Capes perçoit entre 2 471 euros et 2 931 euros. Et l'agrégé entre 3
082 euros et 3 615 euros. Pas le Pérou, pour cinq à six ans d'études supérieures
!
On peut ajouter au traitement de base des
professeurs : les indemnités de suivi et d'orientation des élèves pour tous les
professeurs du secondaire (97 euros), de ZEP (93 euros), de professeur principal
(114 euros), d'heures supplémentaires (104 euros).
Les professeurs sont-ils trop politisés ?
Mais ça veut dire quoi ça ? Les professeurs n'enseignent pas la politique aux élèves ! Les opinions politiques doivent rester à la porte de la classe. De plus, le taux de syndicalisation tend à diminuer (25%).
Alors, qu'est-ce qu'un bon prof ? Pour moi, c'est celui qui est assez passionné pour savoir transmettre ses savoirs, quelle que soit sa pédagogie : rigide ou plus "cool". Et je dis, oui, ils travaillent assez, ils sont motivés, pour la majorité.
Mais je voudrais leur lancer ce message : n'oubliez pas que De Robien, bien qu'appartenant à l'UDF, il appartient aussi à ce gouvernement de droite contre lequel vous avez si souvent manifesté ! Et De Robien, c'est pas si loin de Bayrou.
N'oubliez pas...
Cendra
___________________________________________________________________________________________
Je tenais à mettre également un article qui illustre bien le métier d'enseignant au quotidien (enfin, une des facettes). Vous pouvez le retrouver là : Le savoir par petits bouts
Chantal Mouriacoux, professeur
d'histoire-géographie
Le savoir par petits bouts
Une femme aux cheveux courts et gris entame un cours au
collège Utrillo, 18e arrondissement de Paris, posé entre le périphérique et les
boulevards des Maréchaux. Elle y enseigne l'histoire-géographie depuit huit
ans. C'est Chantal Mouriacoux.
Eux, ce sont les 3es-3, des très dissipés. TD sur « la marche à la guerre »
dans l'Allemagne hitlérienne : il faut remettre dans l'ordre chronologique une
vingtaine de phrases. La méthodologie, ici, prime sur le contenu. Chantal
Mouriacoux : « On va apprendre à rédiger. Kamel, tu colles la feuille...
Là, on est en histoire, hein. Où est le papier que je viens de te donner ? Bon.
Comment vous vous comportez face à ces phrases ? Prescilia, un cahier fermé ne
m'intéresse pas. Il faut arriver à entrer dans le travail. Tu y es, Moussa ? Ou
tu fais un artisanat quelconque ? Laetitia, ma grande, écoute un peu. » On cherche le sens de « Ein Volk, ein Staat, ein Reich,
ein Führer ». Brouhaha permanent. L'enseignante est hiératique, jamais
blessante. Fait entrer le savoir par petits bouts. Une brune énergique est dans
une bulle de bavardages avec ses voisins. Elle perçoit à peine l'existence du
cours. Récré. Chantal Mouriacoux commente sobrement : « Ils n'en peuvent
plus de leur échec scolaire. Moi, je voudrais vraiment qu'ils aient leur
brevet. Mais leur obsession, c'est l'amour. »
10 heures. La 6e-5. Le cours porte sur les inégalités de
revenu dans le monde. Pendant qu'Hassan, Adama et Katia rivalisent de réponses,
Michael le costaud suce son pouce. Chantal Mouriacoux se détend : «
L'Himalaya, par exemple, est pauvre. Alors que nos montagnes attirent la
richesse. Pourquoi ? A cause des sports d'hiver, voilà, c'est ça. » On
progresse. La guerre aussi empêche le développement économique d'un pays. Marc
tente un sophisme : « Mais, madame, s'il y a jamais de guerre, y aura jamais de
paix ! » L'heure avance. Les garçons deviennent intenables. Michael : «
Madame, ça veut dire quoi, hétérogène ? - Varié, contrasté... - Madame, vous
pouvez pas parler pour nous ? - Non, parce que tu dois accroître ton
vocabulaire. »
Qu'est-ce qu'un bon prof ? On pose la question aux 6es. Réponses classiques. Et
puis celles-là, qui en disent long sur cette école qu'ils n'ont pas su
apprivoiser : « Celui qui nous écoute bien, qui nous laisse nous exprimer ! » ;
« Qui parle la même langue que nous » ; « Un bon prof, c'est celui qui n'est
pas là ! » Qu'est-ce qu'un bon prof ? Chantal Mouriacoux sait seulement qu'«ici
[sa] pédagogie est instinctive. Je travaille sur les codes sociaux, sur le sens
de ce qu'on fait. Hélas, depuis quatre, cinq ans, nous constatons de graves
troubles psychologiques chez nos élèves, que nous ne savons pas gérer. »
Emmanuelle Walter
Le Nouvel Observateur
31 mars 2007
DELIRE DE COULEURS
Quand un feu de couleurs embrase mon esprit... Je laisse voguer mon imagination... Et Chagall de faire le reste. Mon cadeau encore pour vous... (bon, ok, pour moi d'abord !)
Love
Cendra
Vous pouvez le télécharger là :
Chagall