23 mai 2007
CARTE SCOLAIRE
Xavier Darcos affiche l'ouverture face aux
syndicats de l'éducation
PARIS (AP) - Le nouveau ministre de l'Education
nationale, Xavier Darcos, a entamé mardi après-midi une série de rencontres
avec les syndicats de l'éducation. Le ministre s'est dit ouvert au dialogue,
tout en rappelant qu'il était favorable à la "suppression
progressive" de la carte scolaire.
M. Darcos, qui a reçu en fin d'après-midi la Fédération syndicale
unitaire (FSU, premier syndicat de l'éducation) comme premier interlocuteur, a
expliqué à la fin de cette rencontre que des "solutions" pourraient
être trouvées concernant le décret allongeant le temps de travail et modifiant
les conditions d'exercice des enseignants, rejetant toutefois pour l'heure une
abrogation pure et simple.
"J'ai le sentiment d'une écoute. Mais après
mon premier contact avec Gilles de Robien, j'étais aussi assez content de
l'écoute, donc je me méfie", a déclaré Gérard Aschieri, le secrétaire
général de la FSU ,
après une heure de discussion
M. Aschieri a rappelé les revendications
prioritaires des syndicats d'enseignants, dont l'abrogation du décret pris par
le prédécesseur de Xavier Darcos, Gilles de Robien, ou encore le rétablissement
des moyens supprimés pour la rentrée prochaine. "Nous n'avons pour
l'instant pas de réponse précise, pas d'engagement ferme sur tous ces
problèmes", a expliqué M. Aschieri.
Sur la question de la carte scolaire, le secrétaire
général de la FSU
s'est dit "contre la suppression, mais pour un redécoupage pour assurer
plus de mixité sociale". "Sur la carte scolaire, nous avons avancé
puisque tout le monde
Quant à la revendication d'abrogation du décret
Robien, Xavier Darcos a dit qu'il ne voulait pas "jeter tout du jour au
lendemain", tout en laissant une ouverture: "sur les heures de
décharge, nous allons sûrement trouver une solution".
Le ministre devait recevoir en début de soirée le
Syndicat national autonome des lycées et collèges (SNALC, classé à droite),
puis le SGEN-CFDT mercredi après-midi. Les rencontres doivent se poursuivre
jusqu'à la fin de la semaine prochaine.
Le Syndicat national des enseignements du second
degré (SNES, membre de la FSU)
ainsi que l'UNSA-Education
Supprimer la carte scolaire ? Mines dubitatives
dans un collège difficile
Par Philomène BOUILLON
ASNIERES (AFP) - L'assouplissement de la carte
scolaire et à terme sa suppression n'emballent guère l'équipe éducative du
collège sensible Malraux d'Asnières (Hauts-de-Seine), et ce malgré les
arguments appuyés du nouveau ministre de l'Education, Xavier Darcos, qui leur a
rendu visite mardi.
Pour sa première sortie dans un
établissement, Xavier Darcos a choisi le collège André-Malraux, où son
prédécesseur, Gilles de Robien, s'était rendu il y a juste un an pour vanter
les mérites du nouveau label +Ambition réussite+. Ce nouveau système remplace
celui des collèges Zep les plus difficiles en France, en attribuant davantage
de moyens à ceux qui en ont le plus besoin.
Aujourd'hui, le collège Malraux
commence tout juste à sortir la tête hors de l'eau, alors qu'avant de devenir
"Ambition réussite" il cumulait les handicaps. En septembre 2006, il
a été doté de deux enseignants référents supplémentaires et de six assistants
pédagogiques en plus pour aider les élèves.
En 2002 ce gros collège
accueillait plus de 1.000 élèves contre environ 860 aujourd'hui. En cinq ans il
a aussi vu sa situation s'améliorer grâce à l'implication du principal, Nicolas
Renard - qui dirige par ailleurs l'observatoires des zones prioritaires (OZP)
-, et celle d'une équipe de jeunes enseignants très motivés.
Reste que malgré ces efforts,
l'établissement continue de souffrir du contournement de la carte scolaire:
"La situation s'est nettement améliorée mais il y a toujours beaucoup de
familles qui envoient leurs enfants vers le privé", déplore le principal.
Du coup, 70% des élèves de Malraux sont issus de milieux défavorisés et
proviennent de la cité sensible voisine des Mourinoux.
"Il faut parler de ce qui
réussit pour élargir et généraliser", les a félicités mardi Xavier Darcos.
Pour le ministre, "le
ciblage (des moyens) doit se faire à partir des établissements et non plus à
partir des zones qu'on ne sait plus évaluer".
"Est-ce qu'elle est juste
(actuellement) la carte scolaire ?", s'est encore interrogé le ministre:
il a fait valoir que la carte scolaire peut devenir injuste "si on
n'arrive pas à assurer la mixité scolaire et si les parents ne peuvent pas
discuter avec les enseignants".
"Ici les élèves sont
difficiles", témoignent Virginie et Elsa, deux jeunes professeurs de
français, qui ont des classes de 27 élèves en moyenne. "Pour un
établissement prioritaire c'est beaucoup!" ajoutent-elles.
"Donc par exemple, ici, si
la carte scolaire est supprimée, ce sera problématique" précise Virginie,
car "même une famille en difficulté voudra le meilleur pour son enfant et
on doute qu'une famille à problèmes obtienne une place dans le collège de son
choix car les dossiers des meilleurs élèves seront prioritaires".
"En effet, ici la
suppression de la carte scolaire poserait des problèmes", ajoute le
principal qui se bat chaque jour pour rendre son collège attractif.
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