17 mars 2007
REVUE DE PRESSE
Une criminalité qui sort de l'ombre.
Libération, le 5 novembre 2000.
Les viols sur mineurs concernent un quart des verdicts en assises.
Quelques cas litigieux ne doivent pas masquer l'ampleur de la situation et de
la prise de conscience : en France, le nombre de condamnations pour viols sur
mineurs représente quasiment le quart des verdicts rendus en cours d'assises (
soit 475 condamnations de ce type en 1998). A l'heure actuelle, les tribunaux
en correctionnelle ou en assises sont débordés par des affaires de ce genre,
qu'il s'agisse d'inceste ou de pédophilie.
Longtemps ignorée, la parole de l'enfant et de l'adolescent s'est aujourd'hui
libérée. Comment ? Grâce notamment aux campagnes de sensibilisation, à la
prévention dans les écoles : on apprend aux enfants que leur corps leur
appartient, on les alerte. A la télévision, la diffusion de reportages sur ce
thème déclenche immanquablement, des "pics" de plaintes dans les
jours qui suivent.
Enfin, l'arsenal législatif (depuis 1998, la loi oblige par exemple les
enseignants à saisir la justice, même sur la base d'un soupçon, de toute
violence exercée contre un enfant) permet aux gendarmes et policiers d'écouter
rapidement les enfants se disant victimes d'abus.
Inceste : des victimes de plus en plus jeunes.
France Soir, le 23 octobre 1992.
Ces drames à l'origine de la majorité des suicides d'enfants.
Les petites victimes sont de plus en plus jeunes : "Le nombre de viols
commis sur des petits de 2 ou 3 ans, dont certains ont même moins de 1 an ne
cesse d'augmenter, précise France Gublin, présidente d'Enfance et Partage. Et
la majeure partie des suicides ou des tentatives de suicide d'adolescents ont
l'inceste pour origine."
Une détresse le plus souvent cachée, un atroce secret d'alcôve que les enfants
gardent au fond de leur cœur blessé et honteux, aggravé dans la moitié des cas
par le silence de mères complices …Dénoncer l'inacceptable, c'est parfois
reconnaître qu'on s'est tu jusque-là, reconnaître aussi la vraie nature de
l'homme avec lequel on vit, et c'est surtout provoquer un séisme dont elles
seront les premières victimes.
Le monde clos du délinquant.
La Croix, le 23 avril 1992.
Qui sont les délinquants sexuels ?
Les transgressions sexuelles graves sont rarement le fait de grands malades
mentaux. Il n'y a pas de lien de causalité entre la barbarie d'un acte et la
folie de son auteur.
Il y a une dimension paranoïaque chez les transgresseurs sexuels. Ils vivent
l'autre comme un persécuteur, un provocateur : c'est l'autre qui les agresse avec
le désir qu'il met en eux. Ils évitent d'ailleurs de le penser, cet autre, pour
ne pas se confronter aux conséquences de leur acte.
Tout autre est le profils du père incestueux, qui ne violent jamais en dehors
du cercle familial et dont le docteur Coutenceau observe que "dans 80 %
des cas, ce sont des hommes rigides, voire à principes autoritaires chez eux (
c'est le type même du tyran domestique), mais inhibés en société.
Souvent, ils n'ont eu aucune relation amoureuse avant la rencontre avec leur
épouse, et leur vie sexuelle conjugale est très stéréotypée". Sur cette
toile de fond se greffent très souvent l'alcool dont le rôle désinhibant est
avéré, et le chômage. L'occasion ("ma fille était là quand j'en avais
envie") précipite alors les évènements.
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