12 mars 2007
LE COURAGE...
... Appartient aux femmes.
Je me dis : le blog est un site de billets d'humeurs journalier. Bien !
Alors, ce soir, et croyez-moi! ce n'est pas facile d'en parler, je parlerai d'un épisode de ma vie pas facile.
C'est drôle, il y a quelques temps, je ne voulais pas d'un blog et parler de moi-même. Mais là je crois que c'est plus fort que moi : ce désir de justice.
Je n'en parlerai que succinctement.
J'avais une relation épisodique avec un homme marié. Je savais qu'il était marié et je m'en fichais. Ce n'était qu'un jeu, un passe-temps. Ce n'était même pas une relation d'ailleurs.
Or, un jour, il mit de la drogue dans ma bière (il m'a demandé si je voulais la mousse... c'était probablement pour cacher la drogue). Je me sentis bizarre, consciente et inconsciente, impossible de résister. Il m'a violée. Malgré mes "non", il a continué.
Puis il est parti.
Je me suis habillée. Oulala, je flottais dans mes vêtements... Je suis allée hors de chez moi, téléphoner à la police (depuis une cabine). Le policier a été gentil. Il m'a posé des questions, si j'étais divorcée, quel âge j'avais... etc. Et il a fini par conclure que c'était de l'héroïne (goût amer, fine poudre blanche). Hélas, il m'a demandé s'il pouvait me rappeler, de ne pas bouger. J'ai donc raccroché. J'ai pris peur et je me suis enfuie...
Le lendemain, je voulais faire faire une analyse de sang. Les laboratoires me conseillaient d'aller à St Roch, tout comme mon médecin. J'y suis donc allée.
On m'a demandé de remplir un formulaire et d'y écrire le pourquoi de ma venue.
Mais, mon formulaire était, pour je ne sais quelle raison, toujours mis en dessous de la pile. Pendant ce temps, des jeunes filles étaient arrivées, et avaient apparemment des luxures ou déchirures musculaires. Elles passaient avant moi.
Et moi, j'étais seule avec mon désarroi.
J'ai fini par reprendre mon formulaire et je me suis enfuie. Je suis allée m'acheter du Yop, j'avais soif (effet de la drogue ?).
C'était trop tard. Je n'ai jamais osé porter plainte. Maintenant, il n'y aurait plus de preuves. (j'avais gardé les verres dont celui avec le restant de poudre).
Trop tard et ce bâtard travaille à 200 mètres de chez moi.
Le jour de la Saint Valentin, lui, ou son employé ou associé m'a lancé un "bonne fête". Plus tard, je suis repassée et ai craché sur le rideau refermé.
Je remercie néanmoins le policier qui m'a écouté. Qu'il ne regrette pas trop de m'avoir fait raccrocher. Si je n'avais pas raccroché, peut-être que...
Je ne remercie pas la voiture garée dans le parking où des policiers riaient, le lendemain.
Oups, remercier une voiture ?
C'est pour cela que je pousse un cri d'alarme : portez plainte ou bien, avancez, et ne regardez jamais en arrière !
Alerter. Les élus, les médecins, les policiers, les autres : l'inceste fait que parfois, vous "reproduisez" des actes négatifs. Vous cherchez le mal. Parce que le bien, vous ne savez plus ce que c'est. Ou parce que, quand j'étais petite, j'étais belle, et cela ne m'a rien apporté. Donc, je me suis "amochie"... Il faut développer les structures d'accueil et d'écoute. Ne pas trop médicaliser, mais développer l'écoute et la parole. il faut former des gens à cette écoute. Il y en a trop peu.
Avancer. Connaître ses objectifs. Connaître son passé : vivre avec. Accepter ce que l'on a vécu sans le subir mais pouvoir regarder en face ce que l'on a fait, ce que l'on a vécu, subi.
Avancer. Faire avancer les lois, les aides aux victimes. Si l'on est assez fort, aider les autres. Mais il faut d'abord s'aider soi-même.
Parler "en public" c'est comme une forme de procès. Pas de juges. Pas de jurys. Pas de délibérations. Mais peut-être une forme de paix avec moi-même.
Et du courage.
ADJUGE...
Coupable de lâcheté.
Un jour, je me suis arrangée pour faire venir mon père seul chez moi. Je lui ai parlé de ce qu'il avait fait. Bientôt, je m'en excuserais même !
"Mais tu me crois ?"
Réponse : "Si tu le dis..."
Monsieur mon père ne se souvenait plus...
Hum, que c'est doux de ne pas se souvenir, n'est-ce pas ?
D'accord, moi, j'ai eu le courage. Pas toi !
Courage d'en parler.
Et toi, pas le courage d'avouer. Tu devras mourir avec cela. Mais je suppose que tu as déjà oublié...
Statistiques inceste - France
Avec l'aimable autorisation de l'auteur : Alex du site Rayon de soleil
Statistiques ( pour la France )
- Evolution des enfants en danger (qui comprend les enfants maltraités et les enfants en risque)
1994 58 000 enfants en danger
1996 74 000 enfants en danger
1999 83 500 enfants en danger
(et seulement 5 % de cas signalés)
En 1999, il y avait 18.500 enfants maltraités en France.
- Les différents types de mauvais traitements sont :
violence physique 6 500 35 %
abus sexuels 4 800 26 %
négligences lourdes 5 400 29.1 %
violences psychologiques 1 800 9.7 %
Source : La lettre trimestrielle de l'Observatoire national de l'enfance en danger / numéro spécial / novembre 2000
- Dans 30% des cas, les enfants maltraités ont moins de 5 ans :
- 36% ont entre 6 et 11 ans
- 34% ont entre 12 et 17 ans
- Les filles sont davantage touchées que les garçons :
- 42% sont des garçons
- 58% sont des filles
- Les actes de maltraitance sont surtout le fait des parents :
- 46% sont des pères
- 25% sont des mères
- 9% sont des beaux-pères
- 1% sont des belles-mères
- 10% sont des membres de la famille
Source : dossier publié dans le magazine mutualiste " Viva, entre nous la vie " en février 2000, n°142 sur les agression sexuelles sur l'enfant.
- Les condamnations
En 1987, on comptait 574 condamnations pour viols simples et aggravés ( dont 94 pour viols sur mineurs de moins de 15 ans).
En 1998 on comptait 1636 condamnations pour viols simples et aggravés ( dont 475 pour viols sur mineurs de moins de 15 ans).
Entre 1987 et 1998 , les condamnations pour viols sur mineurs ont grimpé de 700%.
Presque
une personne sur deux qui est jugée devant une cour d'assises l'est
pour une condamnation pour viol, et, une fois sur quatre, le viol est
commis sur un mineur.
Source : ministère de la justice
- Les chiffres
En 1997, 8.213 plaintes pour viol ont été déposées auprès des services de police.
Ceci représente une augmentation de 14,21% par rapport à l'année précédente.
Nombre de condamnations pour viol selon le ministère de la justice : -
1993 : 1.045 - 1994 : 1.061 - 1995 : 1.088 - 1996 : 1.278 - 1997 :
1.434
En 1999, les effectifs concernant les condamnés pour viols et
agressions sexuelles sont en nette augmentation par rapport à l'année
dernière : + 12 %.
La hausse du nombre de condamnations reflète davantage l'augmentation des signalements que celle des infractions.
- Nature des peines :
En 1997, sur les 1.434 condamnations il y a eu : - 623 peines de
10 ans à moins de 20 ans - 429 peines de 5 ans à moins de 10 ans - 99
peines de 3 ans à moins de 5 ans - 100 peines de 1 an à moins de 3 ans
- 51 peines de moins d'1 an
Selon une étude du ministère de la justice : - de 1984 à 1993 : le
nombre de personnes condamnées pour viol est passé de 580 à plus de
1.000, soit une hausse de plus 80%.
Cette progression vertigineuse est liée pour l'essentiel aux incestes
et aux viols commis sur des enfants de moins de 15 ans, qui ont
multiplié par six en moins de dix ans.
Merci Alex, d'avoir été aussi rapide à me répondre.